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vendredi 19 août 2022

Tiraillée entre les Etats-Unis et la Russie: L’Opep+ sous pression

Le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, prend part aujourd’hui aux travaux de la 31e réunion ministérielle Opep-Non Opep qui se tiendra par visioconférence. Le même jour, le ministre participera également aux travaux de la 43e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), a indiqué un communiqué du ministère. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole doit annoncer si sa production d’or noir sera augmentée ou non en septembre, pour répondre à la crise énergétique mondiale.

Par Meriem Benchaouia

Cette réunion de l’Opep+ qui aura lieu à Vienne, aura également pour objet la définition de la stratégie de l’Organisation, dont l’entente pour l’augmentation progressive de la production conclue en 2020 arrive à sa fin. Tiraillés entre les pressions américaines pour une augmentation de la production et la volonté russe de maintenir la production telle quelle, le sommet aura une influence décisive sur le cours du pétrole. Les observateurs s’attendent à une prolongation de quelques mois de l’accord actuel. En effet, l’Organisation peine déjà à remplir ses quotas de production, le volume de production réel en juin était inférieur d’environ 2,8 millions de barils par jour au niveau convenu par les pays membres. L’entente conclue au printemps 2020 par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) menés par Ryad et leurs alliés conduits par Moscou, pour faire face à la débâcle des prix pendant la pandémie, arrive à sa fin. En avril 2020, l’Opep+ décide de réduire radicalement sa production de 9,7 millions de barils par jour de brut pour stopper l’effondrement des cours du pétrole en plein cœur de la pandémie de Covid-19. La recette fonctionne : les prix, tombés en territoire négatif, remontent. Face à la reprise de la demande, l’alliance recommence un an plus tard à rouvrir les vannes, de manière très graduelle. Elle s’était d’abord donnée jusqu’à avril 2022 pour un retour à la normale, avant de s’accorder quelques mois supplémentaires devant les incertitudes de la pandémie. «Techniquement, l’accord dure jusqu’à la fin de l’année», selon Matthew Holland, analyste géopolitique pour l’institut de recherche Energy Aspects. Mais le groupe a fini plus tôt que prévu : «En août, il aura remis sur le marché l’ensemble du pétrole qu’il avait décidé de laisser sous terre en 2020», souligne Carsten Fritsch, pour Commerzbank. Du moins, «sur le papier». L’issue de la réunion paraît moins évidente que les précédentes, aux résultats presque systématiquement largement anticipés. Selon l’expert de Commerzbank, le cartel pourrait décider de relever à nouveau modestement ses objectifs pour septembre afin de «combler l’écart entre la production réelle et les quotas affichés». Une façon détournée de permettre à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis d’augmenter encore leur volume sans violer l’accord, note-t-il. Dans tous les cas, les analystes tablent tous sur une prolongation de l’accord actuel, qui a permis de stabiliser le marché pendant la pandémie. Pour Matthew Holland, les membres de l’Opep+ pourraient convenir d’un accord de plusieurs mois jusqu’à la fin de l’année, «pour ensuite convenir de quelque chose de plus long terme en décembre». L’alliance devrait alors se réunir au siège de Vienne, pour la première fois depuis l’émergence du Covid-19 qui a consacré l’instauration de rencontres mensuelles par visioconférence.

Les prix du pétrole en légère baisse
Les prix du pétrole poursuivaient leur baisse hier, à la suite de la publication de données manufacturières décevantes dans le monde, faisant craindre pour la demande en brut, la veille d’une réunion de l’Opep+. Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre perdait 0,76 % à 99,28 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre baissait quant à lui de 0,59 %, à 93,34 dollars. Les cours fléchissent en raison de «la faiblesse des indices PMI manufacturiers de juillet dans le monde», ont commenté des analystes. Ces indices sont considérés comme des baromètres de la croissance car ils sont des indicateurs clés de l’activité manufacturière d’un pays. Ces données manufacturières décevantes ont renforcé les craintes d’une «récession qui se profile à l’horizon, un scénario qui implique une baisse de la demande future de pétrole», expliquent des experts.

M. B.

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