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samedi 28 janvier 2023

Terrorisme

Si certains pays européens continuaient à espérer jusqu’à il y a peu qu’une certaine normalité pourrait revenir après la fin de la guerre en Ukraine, l’attitude de l’Union européenne vis-à-vis de Moscou laisse peu de doute au caractère définitif de la rupture avec la Russie. En effet, un texte qualifiant la Russie d’«État promoteur du terrorisme» a été voté à la fin du mois dernier par le Parlement européen, qui appelle les 27 pays de l’UE à faire de même. Dans le texte adopté à Strasbourg par 494 voix pour (58 voix contre et 44 abstentions), les eurodéputés décrivent «la Russie comme un État promoteur du terrorisme et comme un État qui utilise des moyens terroristes». Suivant les appels répétés du président ukrainien Volodymyr Zelensky à la communauté internationale pour que le régime du président Vladimir Poutine soit déclaré comme «régime terroriste», le Parlement européen fait un pas surtout symbolique, en l’absence de cadre juridique adéquat dans l’UE, à la différence des États-Unis. «La Russie doit être isolée à tous les niveaux et tenue pour responsable afin de mettre un terme à sa politique de longue date en matière de terrorisme en Ukraine et dans le monde entier», a rapidement réagi sur Twitter le président ukrainien, saluant la décision des eurodéputés. Cet appel de Volodymyr Zelensky avait déjà trouvé écho notamment auprès des Parlements d’Estonie, de Lituanie et de Lettonie, ainsi que de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), qui en octobre a invité les 46 pays de l’organisation paneuropéenne de défense des droits humains à déclarer le régime russe comme «terroriste». L’administration du président américain Joe Biden, de son côté, refuse d’employer cette qualification pour la Russie. «Nous avons appelé un chat un chat. […] La reconnaissance de ce fait par le Parlement européen envoie un signal politique clair. L’Europe, les Européens ne veulent pas rester passifs alors que leur grand voisin viole toutes les normes humanitaires et internationales», a déclaré l’eurodéputé lituanien et ancien Premier ministre, Andrius Kubilius (PPE, droite). Dans le texte adopté le 23 novembre, les eurodéputés appellent l’UE et les États membres à mettre en place un «cadre juridique européen» qui permettrait de prendre contre les pays qualifiés de soutiens au terrorisme «une batterie de lourdes mesures restrictives et qui aurait pour effet de limiter de manière importante les relations de l’Union avec les pays en question». Depuis l’invasion de la Russie en Ukraine, en février, l’UE a accentué la prise de sanctions économiques à l’égard de la Russie, avec huit paquets de sanctions déjà annoncés. Au total, 1 241 individus, dont le président russe Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, mais aussi les membres de la Douma et des oligarques comme Roman Abramovitch, Mikhaïl Fridman ou Petr Aven, et 118 entités sont actuellement soumis à des gels d’avoirs et des interdictions d’entrer dans l’UE. Les Européens continuent ainsi de détruire tous les liens qui les lient à Moscou, alors même que Washington prend soin de ne pas dépasser certains points de non-retour et de ménager la possibilité d’une reprise des relations avec le Kremlin après la guerre en Ukraine. Pourtant, ce sont bien les populations européennes qui paient le prix le plus lourd de ce conflit en étant privées, à cause des boycottes initiés par leurs dirigeants, des denrées et des énergies russes.

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