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mercredi 29 juin 2022

Tension sur l’huile de table: Kamel Rezig rassure et accuse les spéculateurs

Depuis plusieurs jours, une pénurie d’huile de table, doublée par une hausse des prix, est observée sur le marché. Une situation qui inquiète énormément les citoyens, notamment à l’approche du mois de ramadhan. Cette crise divise l’opinion publique sur fond d’échange d’accusations entre les différents intervenants de la filière qui se rejettent la responsabilité.

Par Meriem Benchaouia

Ainsi, certains mettent cela sur le compte de la disponibilité du produit. Tandis que d’autres nient catégoriquement un dysfonctionnement dans la production, parmi eux le P-DG du Groupe Cevital, Issad Rebrab, qui a rassuré sur la disponibilité des stocks d’huile de table, réfutant toute pénurie de ce produit. «Nos stocks sont pleins et notre production n’a pas baissé malgré l’augmentation des prix des matières premières au niveau international», a-t-il affirmé. C’est justement l’avis du ministre du Commerce qui a affirmé que le stock actuel d’huile de table s’élevait à 94 000 tonnes, ce qui suffirait à couvrir la demande nationale jusqu’à la fin de juin prochain, qualifiant ce qui se passe actuellement de simple «spéculation». S’exprimant sur les ondes de la Radio nationale, Kamel Rezig a indiqué que «la crise actuelle de l’huile de table ressemblait à celle de la semoule de l’année passée», affirmant que «les mêmes parties et la même Issaba (bande) de spéculateurs font en sorte que le citoyen vive la même expérience». «Le stock actuel en ce produit reste suffisant jusqu’à juin prochain. Il est estimé à près de 94 000 tonnes disponibles au niveau des six usines du pays», a-t-il souligné, ajoutant qu’il y a 12 marques de ce produit, dont 10 subventionnées. «La consommation mensuelle de l’huile de table avoisine 48 000 tonnes», a fait savoir le ministre, ajoutant que «l’Algérie a produit en janvier dernier 51 000 tonnes d’huile et 53 000 tonnes en février dernier, ce qui signifie un surplus» et a affirmé que ce qui se passe est «une spéculation». Le ministre a en outre déploré le fait que certains citoyens ont cru «la rumeur» et changé, ainsi, leurs comportements de consommation en achetant de grandes quantités, ce qui a entraîné une pénurie. A ce titre, il a appelé les citoyens à ne pas croire ces rumeurs qui font état d’une pénurie de ce produit, assurant que le gouvernement «consent davantage d’efforts pour fournir les produits dont a besoin le citoyen, en encourageant le produit local et en important ceux qui accusent un déficit». Après avoir démenti l’augmentation des prix des produits plafonnés ou subventionnés puisque le ministère «les contrôle au quotidien», le ministre a imputé la hausse des prix de certaines marchandises non subventionnées à l’augmentation des prix des matières premières au niveau mondial, tel que rapporté par l’Organisation onusienne pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «L’Algérie est impactée par cette situation mondiale car les matières premières qu’elle importe ont connu une flambée vertigineuse, outre la hausse des coûts de fret et la dévaluation du dinar, tous des facteurs à l’origine de la hausse des prix de certains produits», a-t-il expliqué. Concernant la hausse des prix de certaines légumes, le ministre du Commerce a indiqué qu’elle s’applique uniquement sur les produits hors saison, chose logique. «Dans l’attente de revoir la politique de subvention et son orientation aux véritables ayants droit, le citoyen doit avoir confiance en les efforts et l’engagement du gouvernement à lui assurer ses besoins de consommation», a-t-il rassuré.

Plus de 130 000 contraventions relevées en une année
Les services de contrôle de la qualité et de répression de la fraude relevant du ministère du Commerce ont relevé, durant l’année écoulée, plus de 131 000 contraventions, indique un bilan présenté, hier, par le ministre du Commerce, Kamel Rezig. Les services de contrôle de qualité et de répression de la fraude ont effectué en 2020, au niveau des frontières et des marchés,
1 664 189 interventions qui ont donné lieu à la constatation de 131 260 contraventions et à l’établissement de 109 122 PV, a indiqué le ministre dans une allocution lue en son nom par le représentant du ministère, Tarek Selloum, à l’occasion de la 5e édition des Journées sur les marques et contrefaçon. Concernant la propagation des produits de contrefaçon, le ministre a estimé que ce problème n’aurait pas pu être une source d’inquiétude sans l’existence de marchés de consommation où sont commercialisés divers produits, notamment alimentaires, de beauté ou autres, constituant un danger à la santé des consommateurs. Il a mis en avant, dans ce sens, l’impératif d’intensifier les efforts et la coordination entre les différents secteurs ministériels concernés, les opérateurs économiques et les consommateurs, afin de mettre un terme à ce type de criminalité qui «menace les politiques économiques et sanitaires des pays». Soulignant, à ce propos, le danger du phénomène de piratage et de contrefaçon de produits sur l’économie, d’où l’impérative conjugaison des efforts de lutte, le ministre a rappelé que les droits de propriété intellectuelle étaient consacrés par la Constitution algérienne dans l’article 43 (alinéas 3 et 4) et l’article 44 (alinéa 2), en tant que droits protégés par la loi garantissant la concurrence loyale entre opérateurs économiques et en tant qu’outil de régulation du marché et de protection du consommateur.
M. B.

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