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jeudi 6 octobre 2022

Témoignages vivants des artisans de la Révolution nationale: Les voix de la Mémoire nationale

Les témoignages vivants des artisans et acteurs de la Révolution nationale constituent l’une des principales sources utilisées pour l’écriture de l’histoire et la conservation de la Mémoire nationale en vue de la transmettre aux générations post indépendance. L’opération de collecte des témoignages vivants pour l’écriture de l’histoire se poursuit sur les chapeaux de roues, au vu du caractère urgent de cette démarche qui engage les spécialistes dans une véritable course contre la montre, en raison de l’âge avancé et de l’état de santé de certains membres de la famille révolutionnaire. Le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit a procédé, jusqu’à ce jour, au recueil d’un nombre important de témoignages vivants sur les différentes étapes de la guerre de Libération nationale, soit un legs de près de 30 000 heures d’enregistrements représentant un véritable réservoir de la Mémoire nationale. A cet effet, le ministère a affirmé qu’il comptait définir les méthodes de classement et d’archivage de tous les témoignages vivants enregistrés pour faire office de base de données exploitable dans les travaux de recherche inhérents à l’histoire de la Révolution algérienne. Lors d’un colloque organisé juin dernier sous le thème «Le legs des témoignages audiovisuels et son importance dans l’écriture de l’Histoire de la Révolution de libération», le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Laïd Rebiga, avait souligné la nécessité de réaliser «un bond qualitatif» dans l’exploitation du legs national des témoignages vivants recueillis sur la Révolution nationale, en tant que «source historique et référentiel académique et scientifique incontournable». «L’enregistrement de ces témoignages s’effectue sur plusieurs décennies, d’où la nécessité de passer de l’enregistrement à l’exploitation selon de nouvelles approches», avait-il-dit. Dans cette perspective, le ministère procède au stockage numérique des témoignages collectés des moudjahidine et des compagnons d’arme des dirigeants de la glorieuse Révolution du 1er novembre, en vue de leur exploitation par les chercheurs en histoire selon des approches scientifiques et académiques. L’opération de collecte des témoignages s’inscrit dans le cadre du dossier de la Mémoire nationale qui bénéficie d’un intérêt particulier de l’Etat algérien, lequel intérêt «découle de ces pages glorieuses et de la responsabilité de l’Etat envers son legs historique en tant qu’un des fondements ayant forgé l’identité nationale algérienne et un socle essentiel pour construire le présent et prospecter l’avenir sur les bases et les principes du Message éternel de Novembre», avait affirmé le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Etant donné que ces témoignages constituent l’un des leviers de l’écriture de l’histoire nationale, la décision de leur exploitation, après leur classement et leur stockage numérique, a été prise pour l’insérer en tant qu’un des volets de la plateforme «Glorious Algéria», lancée le 5 juillet dernier, en concomitance avec la célébration du 60e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale. «La plate-forme sera la vitrine de l’Algérie, historique et civilisationnelle, à travers laquelle tout visiteur, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, pourra explorer la réalité telle qu’elle est, loin des campagnes de dénigrement menées par les ennemis haineux de l’Algérie», avait affirmé le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane.

Recueillir et exploiter les témoignages sur la base de programmes scientifiques étudiés
L’écriture de l’histoire requiert la collecte et l’exploitation des informations disponibles sur la base de programmes scientifiques étudiés, y compris les sources orales et témoignages vivants des acteurs et artisans de l’épopée de libération de l’abominable joug colonial français. Le recueil des témoignages vivants au niveau local à travers des enregistrements audiovisuels se fait par des spécialistes qualifiés qui peuvent même se déplacer au domicile de toute personne concernée qui est incapable de procéder à l’enregistrement au niveau des musées régionaux. Une fois cette phase terminée, la matière brute est envoyée au Musée national du Moudjahid pour la soumettre à une commission scientifique chargée de s’assurer de la véracité et de l’exactitude des informations historiques recueillies et de procéder à une juxtaposition et à une comparaison des témoignages pour déterminer leur valeur historique. Il convient, tout au long du processus, de s’assurer de la fiabilité et de l’objectivité et d’éviter de tomber dans la subjectivité, avant de mettre la matière historique recueillie à la disposition des historiens et chercheurs. De son côté, le Centre national des études et recherches sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954 (CNERMN54) se charge d’exploiter ce type de témoignages après leur étude et classement par une commission technique supervisée par des spécialistes en histoire et en audiovisuel. Ces témoignages seront exploités par le Centre dans la préparation des recherches scientifiques élaborées et les met également à la disposition des établissements et autres centres de recherche scientifique. Outre le Musée du Moudjahid avec ses annexes régionales et le CNERMN54, la mission du recueil des témoignages vivants des moudjahidine de la guerre de Libération nationale est confiée également à d’autres instances relevant du secteur, telles que les centres de repos des moudjahidine et les directions de wilaya des moudjahidine, lesquels sont dotés des différents outils et moyens numériques pour procéder aux opérations d’enregistrement. Une convention a été signée avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour recueillir les témoignages vivants au niveau de plusieurs universités du pays et s’assurer de leur exactitude par des chercheurs spécialisés en histoire. Amar Gh.

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