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mercredi 17 août 2022

Syndicats

Si la semaine de 35 heures de travail est déjà en France source de conflits et de critiques permanentes, plusieurs gouvernements ayant tenté de modifier cette loi promulguée sous le gouvernement Jospin se sont cassés les dents face à la ténacité des syndicats et ce, alors même qu’une majorité de Français souhaiteraient pouvoir «travailler plus pour gagner plus». Pourtant, aujourd’hui, il est question du côté de certains candidats de gauche à la présidentielle de réduire encore le temps de travail et de le porter à 32 heures. Selon le chef de file de l’organisation syndicale, Philippe Martinez, plusieurs candidats ont «demandé» à la CGT (Confédération générale du travail) de leur présenter ses propositions en matière de durée légale du temps de travail. «On ne va pas auditionner tous les candidats, mais certains ont déjà demandé à nous voir». A l’antenne de Franceinfo, Philippe Martinez a affirmé que son syndicat est en contact avec plusieurs candidats à l’Élysée, sur le thème de la durée du temps de travail. Mi-octobre, la CGT a relancé sa campagne pour les 32 heures, affirmant que cette réduction du temps de travail pourrait permettre de créer plus de deux millions d’emplois. «Ça peut se transformer par des semaines de quatre jours, des variations selon les semaines… mais il faut que la référence hebdomadaire soit réduite à 32 heures. Si on fait moins travailler ceux qui ont du boulot, ça libère du boulot pour ceux qui n’en ont pas. On ne va pas auditionner tous les candidats, mais certains ont déjà demandé à nous voir, et on ira volontiers leur expliquer nos propositions en matière de salaires, d’emplois, de relocalisation d’industries», a lancé Philippe Martinez vendredi à l’antenne de Franceinfo. «On a rendez-vous avec Monsieur Jadot, Monsieur Montebourg, et puis les autres ne vont pas tarder à suivre», a-t-il encore ajouté. La CGT propose notamment une réduction du temps de travail à 32 heures, encadrée par la loi, sans perte de salaire, et accompagnée d’une obligation de création d’emplois, afin que la baisse du temps de travail ne se traduise pas par une dégradation des conditions de travail, comme cela a été le cas à l’hôpital après la mise en place des 35 heures. Toutefois, ces demandes des syndicats vont à l’encontre de ce que réclament une majorité de Français depuis des années déjà, la possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de travailler plus pour engranger plus de revenus. Surtout que le bilan des 35 heures est très mitigé. Ce n’est ni la catastrophe comme le disent certains, mais ça n’a pas non plus créé 2 millions d’emplois comme d’autres l’espéraient. En revanche, les 35 heures ont dégradé les finances publiques : il restait un surcoût car les baisses de cotisations n’ont pas été financées par le surplus de croissance attendu. Néanmoins, la gauche, faute d’idées peut-être, continue à miser sur la réduction du temps de travail et présente cela comme une solution miracle qui contribuera à régler le problème du chômage. Reste à voir si les électeurs seront séduits par cette proposition ou si, comme l’indiquent les sondages, les Français préfèreront voter majoritairement pour les candidats de droite qui, eux, axent leurs campagnes surtout sur des propositions liées à la sécurité et l’immigration.

F. M.

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