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lundi 20 mai 2024

Surveillance

Se pourrait-il que dans le contexte actuel la Russie soit un meilleur allié de la Corée du Nord que sa partenaire historique la Chine ? C’est du moins ce qui semble ressortir de la session de l’ONU qui s’est tenue jeudi à New York durant laquelle le représentant de Moscou a réussi à imposer la fin de la surveillance des sanctions contre l’État communiste. La Russie a en effet imposé jeudi la dissolution du système de surveillance des sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord et son programme nucléaire, un coup de force fustigé par les États-Unis et ses alliés dénonçant la protection mutuelle entre les deux pays. « Ce qu’a fait la Russie aujourd’hui avec cynisme sape la paix et la sécurité dans le monde, tout cela pour favoriser un troc vicié que Moscou a scellé » avec Pyongyang, sur de l’armement notamment, a réagi Matthew Miller, porte-parole du département d’État américain. De son côté, Séoul a qualifié de « décision irresponsable » le veto de la Russie, via un communiqué du ministère sud-coréen des Affaires étrangères. La Corée du Nord est soumise depuis 2006 à des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU liées à son programme nucléaire, renforcées plusieurs fois en 2016 et 2017. Mais depuis 2019, la Russie et la Chine, mettant notamment en avant la situation humanitaire de la population nord-coréenne, réclament l’allègement de ces sanctions, qui n’ont pas de date de fin. N’ayant pas obtenu gain de cause, les Russes ont pris pour cible le comité d’experts chargé de surveiller l’application de ces mesures, comité dont les rapports font référence. Malgré plusieurs reports du vote pour permettre des négociations, la Russie a ainsi mis son veto jeudi à un projet de résolution prolongeant d’un an le mandat de ce comité. Le texte a recueilli 13 voix pour, la Chine s’étant abstenue. L’ambassadeur russe Vassili Nebenzia a justifié ce veto en estimant que, dans les conditions actuelles, le comité n’a plus lieu d’être, se concentrant sur « des questions sans intérêt pas à la mesure des problèmes auxquels fait face la péninsule ». Il avait à la place proposé au Conseil une réévaluation du régime des sanctions. « S’il y avait un accord pour un renouvellement annuel des sanctions, le mandat du comité d’experts aurait un sens », a-t-il expliqué. Une proposition soutenue par la Chine. Dans son dernier rapport de 600 pages début mars, le comité d’experts souligne que la Corée du Nord continue de « bafouer les sanctions du Conseil de sécurité », notamment en développant son programme nucléaire, en lançant des missiles balistiques, en violant les sanctions maritimes et les limites d’importations de pétrole. Le comité affirme d’autre part avoir commencé à enquêter sur « des informations » faisant état de l’exportation par la Corée du Nord « d’armes conventionnelles et de munitions» en violation des sanctions, notamment vers la Russie. « Ce veto n’est pas un signe de l’inquiétude pour la population nord-coréenne ou pour l’efficacité des sanctions. Cela concerne la Russie, obtenant la liberté de violer les sanctions en quête d’armes pour les utiliser contre l’Ukraine », a dénoncé l’ambassadrice britannique à l’ONU Barbara Woodward. Quant à Pékin, aurai-il décidé de passer la main au Kremlin en tant que principal allié de la Corée du Nord ? Reste que pour Pyongyang l’alliance avec Moscou est d’autant plus importante que ces alliés se comptent sur les doigts d’une main et que l’aide de la Russie notamment pour alléger l’embargo qui la frappe depuis près de deux décénnies n’est pas une mince affaire.

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