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jeudi 1 décembre 2022

Simple regain ou véritable nouvelle vague ?

A un peu plus de 230 nouvelles contaminations, et à près d’une dizaine de décès quotidiens, à s’en tenir aux chiffres d’il y a deux jours, si on n’est toujours pas en droit de parler d’une nouvelle vague, néanmoins on ne peut pas nier qu’on ait affaire à une recrudescence, dont il y aurait de plus à craindre qu’elle ne soit qu’à ses débuts. Entre cent et quelques centaines de nouveaux cas par jour, le pays est toujours sur un plateau bas, à condition qu’il y reste. Par deux fois l’expérience a montré que l’épidémie évolue plus rapidement dans l’aggravation que dans l’amélioration. Elle a une vitesse dans le reflux, et une autre, plus élevée, dans les rebonds. Ce qui fait qu’elle prend moins de temps à monter en puissance qu’à décroître. Cette constatation vaut probablement pour tous les pays et toutes les régions du monde. Il n’empêche, ces vitesses sont différentes d’un pays à l’autre comme d’une région du monde à l’autre, et par conséquent aussi d’un continent à l’autre. La vitesse de propagation d’une onde mécanique, elle non plus ne dépend pas de ses propriétés propres mais du milieu qu’elle parcourt. Ainsi en est-il d’une épidémie en général, et de celle de Covid-19 en particulier. Si on prend pour un fait acquis qu’il y a déjà eu en Algérie deux vagues, de sorte que celle qui semble déferler serait la troisième, ce qu’on a pu observer des précédentes vaut nécessairement de celle-ci.

Cela est d’autant plus vrai que les variants, dont on nous rebat depuis quelque temps les oreilles, n’ont toujours pas évincé la souche d’origine, il s’en faut même de beaucoup. L’expérience du passé, qui plus est récente, est notre seul guide. Notre système de santé commence à fléchir à quelques centaines de cas rapportés, sachant que ceux qui ne le sont pas leur sont de toute façon nettement supérieurs. On ne sait toujours pas par quel nombre entier, ou non d’ailleurs, il faut multiplier les premiers pour avoir une bonne idée des deuxièmes. C’est entre autres à cela que devraient servir les épidémiologistes. A la différence du chiffre des nouveaux cas quotidiens, qui lui ne mesure pas les cas réellement advenus, celui des décès renvoie lui par contre au nombre exact des décès. Il se suffit à lui-même. Nul besoin de le multiplier par un facteur pour approcher la quantité réelle en cause. Autre différence non moins importante : ce qu’ils mesurent est d’une temporalité différente. Les décès d’aujourd’hui ressortent aux contaminations d’il y a plusieurs jours. De ce fait, l’augmentation des décès observée ces tout derniers jours (on est passé en effet de moins de 5 à près de 10) n’est pas due directement au regain actuel. Le serait-elle à la place plus grande des variants, supposés plus dangereux, par rapport à la souche d’origine ? Dans ce cas-là, cela voudrait dire qu’ils sont en réalité plus présents qu’on a tendance à le croire. Pour autant, de 5 à 10, ou quasiment, la variation n’est pas importante, bien que la hausse soit en l’occurrence du simple au double. Ce nombre a fait preuve d’une grande constance depuis le début de l’épidémie. Au plus fort des deux vagues précédentes, c’est-à-dire lorsque le nombre des infections quotidiennes passait le millier, lui est resté bloqué autour de 10. En règle générale, il est resté même en deçà de 10. Ce qui prouve bien qu’il n’est pas dans un rapport de proportionnalité avec le nombre des contaminations quotidiennes.

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