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vendredi 18 juin 2021

Silence électoral après trois semaines de campagne: Vers des législatives à plusieurs inconnues

Après trois semaines de campagne, place au silence électoral en attendant le verdict de l’urne. Sans quota et sans argent sale, les prochaines législatives risquent de chambouler la carte politique nationale. Des observateurs écartent l’éventualité d’une majorité à la prochaine Assemblée et s’attendent à des surprises. Les partis les plus en vue, à savoir le FLN, le MSP et El Bina, croient, du moins dans leurs discours de campagne, en la possibilité de rafler la mise. Mais ce scénario demeure peu plausible, compte tenu de bien de données qui font que cette élection est à plusieurs inconnues. La forte participation des femmes, des jeunes et de candidats diplômés universitaires, sont des facteurs en mesures de changer les habitudes électorales de la population. A cela s’ajoute la prédominance des listes indépendantes, une donne ouvertement critiquée par les partis, en raison du grand risque de voir des régions et localités entières pencher vers des candidats novices, mais ne traînant aucune casserole. Durant la campagne électorale, le plus dur pour les partis était justement de convaincre que la prochaine législature sera différente des autres et les futurs députés seront à la hauteur des attentes de la population. Les candidats indépendants n’ont d’ailleurs pas hésité à mettre à profit ce détail, promettant de leur côté une représentation digne et engagée. Au-delà des scénarios et des supputations, faut-il préciser que le discours électoral, les promesses et les engagements des uns et des autres seront, bon gré mal gré, déterminants dans le choix de la liste à glisser dans l’urne. Les appareils de partis, leur longue expérience et leurs assiettes électorales ne sont pas à sous- estimer. D’ailleurs, l’on a bien remarqué durant la campagne électorale les capacités de mobilisation de certains partis et leur présence plutôt forte et soutenue sur les réseaux sociaux. Les indépendants, dans leur quasi-totalité, se sont contentés d’actions de proximité et de tentatives de se rendre visibles sur Facebook. Cependant, les enjeux demeurent autres et la course n’est pas que pour les sièges de députation. Des partis ont plutôt des visées sur le gouvernement, à travers leur famille ou courant politique. Les islamistes, annoncés victorieux par certains, devraient faire face à une concurrence des nationalistes, avec, à coup sûr, des jeux d’alliance qui s’annoncent âpres. En l’absence du FFS, du RCD et du Parti des travailleurs, l’on s’attend à une opposition inédite à la chambre basse du Parlement, qui sera constituée de groupes de partis et de candidats n’ayant pas pu avoir ou former une alliance majoritaire. Si les candidats aux élections législatives divergent sur bien de sujets, ils avaient toutefois pour point commun le souci de convaincre la population de participer en masse à cette joute électorale. Pour rappel, la campagne électorale pour les législatives du 12 juin prochain a vu la participation de 1 483 listes (646 listes présentées au titre d’un parti politique et 837 listes indépendantes). Les candidats en lice vont se disputer les 407 sièges de la neuvième législature.

Aomar Fekrache

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