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lundi 27 mai 2024

Ses travailleurs interviennent dans des conditions extrêmes: Enafor, les chercheurs d’or noir

Nous avons le plaisir de vous livrer le second dossier, comprenant un reportage et un entretien, de la série «Février de l'Energie». 
Première initiative du genre dans l'histoire de la presse nationale, votre quotidien «Le Jour d'Algérie» vous annonce que le mois de février sera placé sous la bannière de l'Energie. Dans une série d'articles consacrés au thème des hydrocarbures et autres formes d'énergie, il vous sera proposé un bouquet de reportages et d'entretiens, confectionnés par une équipe de journalistes spécialement dépêchée sur les lieux, tant dans le sud que dans le nord du pays. Le lecteur sera convié tout au long de ce mois, à intervalles réguliers de parution, à apprécier un travail de fond, fait d'analyses et diagnostics élaborés par des experts rencontrés au sein des entreprises du secteur et dans les espaces de production.

Ses travailleurs interviennent dans des conditions extrêmes:
Enafor, les chercheurs d’or noir

L’Entreprise nationale de forage (Enafor) est chargée de réaliser des puits d’exploration et de développement d’hydrocarbures pour le compte de la Sonatrach. Les ingénieurs et les techniciens, que nous avons rencontrés sur le site Hassi-Messaoud Sud, travaillent dans des conditions extrêmes pour trouver du pétrole et du gaz et se disent prêts à s’engager à l’international.

Par Mehdi Mourad

L’Entreprise nationale de forage célèbre cette année son 55e anniversaire. Créée en 1966 par la Sonatrach et la compagnie américaine Sedco, elle portait alors le nom d’Alfor et ne disposait que d’un appareil. En août 1981, Alfor devient à
100 % algérienne et prend la dénomination d’Enafor. Depuis 55 ans, les opérateurs de cette entreprise font tous le même rêve : découvrir un gisement de la taille de celui de Hassi Messaoud ou de Hassi Rmel. Mais ils partagent également le même cauchemar : ne rien trouver en forant le sous-sol après d’intenses efforts. Il faut dire que la technologie permet d’avoir des indices importants sur le potentiel d’un périmètre. Ces données, issues de l’exploration sismique en 2D et 3D, sont fournies par l’Entreprise nationale de géophysique (Enageo), une autre filiale de la Sonatrach. Après interprétation des images, les ingénieurs de la division exploration et production identifient les sites dans lesquels l’Enafor doit lancer les opérations de forage. Dans une campagne d’exploration, il est nécessaire de forer plusieurs puits pour déterminer le potentiel et délimiter un gisement.

Métier à risque
Dans le domaine pétrolier, les foreurs font partie de l’élite. Ils sont les premiers à entrer en contact avec l’or noir dès qu’il apparaît à la surface. Travailler sur un rig ou derrick, ces appareils de forage d’une trentaine de mètres de haut, ne s’improvise pas. Mounir Bediaf, chef de chantier à l’Enafor, en sait quelque chose. Diplômé de la faculté des hydrocarbures et de la chimie (ex-INH) de Boumerdès, il s’est spécialisé dans la production et le forage. Son diplôme en poche, il a dû passer une autre formation au sein de la sonde-école de l’Enafor en 2004. «Pour travailler sur un rig, il est important d’avoir une connaissance parfaite de tous les métiers, de manœuvre jusqu’à driler», explique-t-il. Mounir Bediaf supervise actuellement l’Enafor 49, un chantier de forage qui sillonne le désert algérien à la recherche d’hydrocarbures. Une équipe de forage comprend environ 25 membres, plus un médecin, l’équipe de catering, l’hôtellerie et la logistique. Les foreurs n’aiment pas se plaindre, mais la pénibilité de leur quotidien est une réalité. «C’est un métier très risqué, il faut en être conscient avant même de débuter sa formation. Il faut être très concentré. Que ce soit durant les opérations de routine ou pendant les opérations spéciales. La vigilance est de mise. Nous évoluons dans un milieu où il y a peu d’espace, avec des pièces métalliques lourdes et massives. La pièce la plus légère peut vous arracher un membre. Nous devons rester concentrés en permanence», souligne Mounir. Travailler sur un chantier met les nerfs à rude épreuve. «Nous sommes également confrontés au stress, nous sommes loin de nos familles puisque nous sommes soumis au système de travail 4×4 (4 semaines de travail et 4 semaines de repos), l’isolement. Tout ceci influe sur le mental, nous devons donc gérer notre stress».

Priorité à la sécurité
Le rôle du chef de chantier est capital, notamment en matière de sécurité. Il supervise les safety-meeting (réunion de sécurité) qui servent à analyser les risques et les moyens de les éviter. Il est également le garant de la cohésion entre tous les membres de l’équipe. «Les notions de cohésion et d’entente sont très importantes. Il est impossible de travailler dans des conditions difficiles si des opérateurs ne s’entendent pas. C’est l’accident assuré. Travail sans arrêt, par rotation de 12 heures, par un système d’équipes de jour et de nuit. C’est un rythme soutenu. Le chef de chantier est le garant de cette cohésion. Il faut être à l’écoute de tous les travailleurs, de leur sécurité mais aussi de leurs préoccupations, tant professionnelles que personnelles. Un ouvrier qui n’est pas concentré peut mettre sa vie et celles de ses collègues en danger», précise Mounir Bediaf. Il faut dire que l’année 2020 a été particulièrement complexe à cause de la pandémie de Covid-19. L’Enafor 49, au même titre que les autres unités de l’entreprise, a dû redoubler de vigilance pour gérer cette crise. Dès le début de la pandémie, il a fallu préserver les équipes qui étaient sur chantier en évitant tout contact avec l’environnement extérieur. Il n’y a donc pas eu de relève durant plusieurs semaines.
M. M.

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