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dimanche 24 septembre 2023

Sécurité alimentaire: Dessalement des eaux de mer, une alternative face au stress hydrique

Face au stress hydrique qui touche plusieurs pays arabes depuis quelques années, en raison des changements climatiques notamment, avec une pluviométrie assez faible, des spécialistes préconisent le recours au dessalement de l’eau de mer.
A cet effet, le chercheur et expert en eau et environnement, Ahmed Kettab, a estimé, hier, que le dessalement de l’eau de mer figure parmi les solutions efficaces à mettre en œuvre pour lutter contre le stress hydrique caractérisant les pays arabes et qui affecte la sécurité alimentaire dans cette région, a estimé, hier, le chercheur et expert en eau et environnement, Ahmed Kettab. S’exprimant au cours des travaux de la Conférence scientifique organisée à l’Ecole supérieure de biotechnologie à Constantine sous le thème «La sécurité alimentaire dans le monde arabe», M. Kettab, également expert et membre fondateur du Conseil arabe de l’eau, a indiqué que le problème de l’eau touche les pays arabes, d’où l’importance, selon lui, de recourir à la solution de dessalement des eaux pour répondre aux besoins exprimés en la matière. Selon des statistiques scientifiques, un habitant a besoin d’un minimum de 1 000 m3 d’eau par an, a ajouté lexpert, par ailleurs chercheur et enseignant à l’Ecole nationale polytechnique et membre du Conseil d’administration de l’Institut méditerranéen de l’eau. En Algérie, a ajouté le même expert, 17 % de la population était alimentée en 2022 par les eaux dessalées. En 2024, c’est 40 % de la population qui sera alimentée par les eaux dessalées, alors qu’en 2030 le taux de la population qui sera approvisionnée par les eaux dessalées sera de l’ordre de 60 %. Selon l’expert, l’Algérie dispose actuellement de 11 stations de dessalement des eaux de mer avec un volume de dessalement de l’ordre de 2,2 millions m3 d’eau dessalée par jour, un chiffre devant atteindre les 6 millions m3/jour d’ici à 2030, au fur et à mesure de l’entrée en service des 14 stations de dessalement prévues. Saluant la «prouesse» réalisée par l’Algérie en matière de dessalement des eaux de mer, il a préconisé d’aller vers des stratégies «palliatives» comme l’exploitation des eaux souterraines du nord et du sud du pays, opter pour la bonne gestion et le management performant des eaux en plus du renforcement de la réglementation en la matière, la formation et la sensibilisation. Le même expert, qui a fait état d’un déficit flagrant en matière d’utilisation des eaux usées, a plaidé pour une formation actualisée et innovante en mesure, a-t-il dit, de répondre à cette préoccupation et faire gagner au pays des volumes d’eau qui seront utilisés dans l’irrigation notamment. De son côté, le Docteur Fadel Zoghbi, expert en sécurité alimentaire de Jordanie, a insisté sur l’impératif de s’orienter vers la technologie, l’unique voie, a-t-il dit, à même de lutter contre la pression exercée sur les ressources naturelles du monde arabe. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait ordonné, en janvier dernier, l’élaboration d’un plan pour la généralisation de ces stations tout le long de la bande côtière. Actuellement, l’eau dessalée couvre seulement 15 % des besoins en eau potable, grâce à 24 stations qui produisent quotidiennement 2,2 millions de m3. Ce taux devrait passer en 2024 à 42 %, avec la mise en service des 5 stations de dessalement, en cours de réalisation. D’ici à 2030, le taux d’eau potable issu du dessalement sera de 60 %, avec la mise en service de 6 autres stations de dessalement dont les travaux de réalisation seront lancés en 2025.

Meriem Benchaouia

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Le 24 Septembre 2023

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