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mardi 27 septembre 2022

Securité

Lorsqu’en 2018 le président américain d’alors, Donald Trump, avait décidé de retirer son pays de l’Accord sur le nucléaire iranien, les Européens avaient largement exprimé leur mécontentement et leur déception de voir ce texte, pour lequel il a fallu de nombreuses années de travail, être rejeté par Washington. C’est ainsi que les Européens font leur possible aujourd’hui pour servir de médiateurs et voir les Américains renouer avec les Iraniens. Les chefs de la diplomatie française, britannique et allemande, discutaient donc cette semaine avec les États-Unis du sauvetage de l’accord encadrant le programme nucléaire de Téhéran, qui pourrait d’ici quelques jours limiter l’accès des inspecteurs internationaux à certaines de ses installations. Le Français Jean-Yves Le Drian a reçu, jeudi à Paris, l’Allemand Heiko Maas et le Britannique Dominic Raab, rejoints en visioconférence par le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, pour une réunion «principalement consacrée à l’Iran et à la sécurité régionale au Moyen-Orient», selon le ministère français des Affaires étrangères. La dirigeante allemande Angela Merkel a exprimé mercredi son «inquiétude» à propos des multiples entorses de Téhéran à l’accord international sur le nucléaire, lors d’un entretien téléphonique avec le Président Hassan Rohani. Ce dernier a en retour «critiqué les performances européennes» pour faire respecter les engagements prévus par l’accord de 2015 depuis le retrait américain du texte. Et mercredi, le Président américain, Joe Biden, et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, ont évoqué l’Iran lors de leur premier échange téléphonique. Les deux dirigeants ont souligné «l’importance de la poursuite d’une étroite consultation sur les questions de sécurité régionale, en particulier l’Iran», a indiqué la Maison-Blanche. Cette intensification des échanges diplomatiques intervient quelques jours avant une échéance qui alimente les inquiétudes : conformément à une nouvelle loi adoptée en décembre, le gouvernement iranien prévoit de restreindre l’accès des inspecteurs de l’AIEA à des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspectés d’avoir une activité nucléaire, sous certaines conditions, si les États-Unis ne lèvent pas leurs sanctions imposées depuis 2018. Il s’agirait d’un nouveau manquement à l’accord nucléaire de 2015. Depuis le retrait des États-Unis de ce texte décidé par l’ancien président américain Donald Trump, l’Iran a cessé de respecter la plupart de ses engagements clés. Depuis le retrait de Washington de l’accord et la réimposition de sanctions draconiennes qui étouffent son économie, l’Iran s’est affranchi progressivement de nombre de limites qu’il avait acceptées d’imposer à son programme nucléaire. Mais la nouvelle administration américaine exige que Téhéran se conforme en premier lieu aux termes de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique. Téhéran doit garantir «une coopération entière et rapide à l’AIEA», a insisté mercredi le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. «L’Iran devrait faire marche arrière et ne pas prendre d’autres mesures qui auraient un impact sur les garanties de l’AIEA sur lesquelles comptent non seulement les États-Unis, non seulement nos alliés et partenaires dans la région mais le monde entier», a-t-il ajouté. La République islamique, en retour, réclame d’abord la levée des sanctions et rejette les appels à élargir les termes de l’accord. Les conditions propices à la signature de l’Accord en 2015 paraissent aujourd’hui bien loin, et il semblerait que les chances d’une entente entre Washington et Téhéran s’amenuisent rapidement, laissant planer la crainte de voir le texte soutenu et porté notamment par Barack Obama il y a six ans devenir caduc et voir surtout les tensions entre les Iraniens et les Américains revenir à leur pic, ravivant les craintes d’un nouveau conflit au Moyen-Orient.

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Le 28 Septembre 2022

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