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samedi 26 novembre 2022

Secteur pourtant considéré comme une priorité: Transition énergétique, encore un retard à rattraper

En dépit du lancement d’un programme dédié à leur développement, le volet des énergies renouvelables en Algérie accuse un important retard dont une série d’obstacles est à l’origine. En plus d’une réglementation à parfaire, l’expert Boukhalfa Yaïci cite la perte de compétitivité avec la suppression du CKD et la priorité donnée au développement des cycles combinés (gaz-solaire).

Par Louisa Ait Ramdane

Les énergies renouvelables se placent au cœur des politiques énergétique et économique menées par l’Algérie. Pourtant, le constat n’est pas reluisant. Le directeur général du Cluster Energie Solaire, Boukhalfa Yaïci, a pointé du doigt le grand retard dans le programme de développement des énergies renouvelables, considéré pourtant comme une priorité. Ce retard risque de «mettre sur le côté de nombreux producteurs», a alerté l’expert Boukhalfa Yaïci. Il a regretté que la priorité soit, pour l’instant, donnée au développement des cycles combinés (gaz-solaire), craignant qu’«une surcapacité en centrales à cycle combiné s’installe durablement». L’expert a estimé, par ailleurs, que «très peu de place est laissée aux énergies renouvelables dans le programme de Sonelgaz pour 2035». Pour «laisser davantage de place aux énergies renouvelables», le directeur général du Cluster Energie Solaire en a appelé à l’intervention du président de la République.
Invité de la rédaction de la Chaine 3 de la Radio nationale, Boukhalfa Yaïci a évoqué les difficultés que rencontrent les opérateurs du secteur des Energies renouvelables. Il a cité une usine de production à Mila, privée d’électricité. «Il y a une usine de production de panneaux solaires d’une capacité de 100 mégawatts qui vient d’être implantée dans une zone industrielle, à Mila, mais qui n’est pas raccordée au réseau électrique et qui va devoir utiliser des groupes au diesel pour pouvoir s’alimenter. C’est une situation aberrante», a estimé Boukhalfa Yaïci.
Pour voir comment ces entreprises peuvent être partie prenante dans le programme de développement des énergies renouvelables, l’expert a annoncé que les membres du Cluster vont se réunir la semaine prochaine. Selon le directeur général du Cluster Energie Solaire, avec le manque de visibilité et de dynamisme sur le marché des énergies renouvelables, les producteurs nationaux de panneaux solaires peinent à être compétitifs. Pour le même expert, la suppression de l’importation de kits pour montage de panneaux solaires, notamment les CKD, a encore fait perdre en compétitivité. «Le décret a été publié par le ministère de l’Industrie, sans avoir consulté au préalable les professionnels du secteur», a-t-il fait remarquer, qualifiant d’«excessifs» les objectifs d’intégration prévus par ce décret. «Nous attendons toujours sa mise en œuvre», a insisté le directeur général du Cluster Energie Solaire, précisant que «le décret a été publié en novembre 2020, mais que le comité technique n’a été mis en place que ce mois de mars 2021». Ce retard risque de «mettre sur le côté de nombreux producteurs», selon Boukhalfa Yaïci.
L’intervenant a cité un autre dispositif légal et important qui manque pour rattraper le retard des énergies renouvelables en Algérie. Il s’agit, selon Boukhalfa Yaïci, de la réglementation qui permet de verser l’énergie d’origine renouvelable dans le réseau électrique classique. Là encore, «l’Algérie est en retard», a estimé le directeur général du Cluster Energie Solaire.
L. A. R.

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