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mardi 16 août 2022

Secteur de l’agriculture: «Les nouveaux ingénieurs agronomes ne sont pas orientés là où ils devraient…»

«Rien que pour l’Ecole nationale supérieure d’agronomie, 300 ingénieurs agronomes sortent chaque année, mais malheureusement, ils ne sont pas orientés là où ils devraient, notamment vers le travail de la terre», a déploré hier le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal).

Par Thinhinane Khouchi
Les grandes Ecoles d’agriculture froment des ingénieurs par centaines chaque année, mais malheureusement ces diplômés n’optent pas pour le travail de la terre. Aujourd’hui, le profil de l’agriculteur algérien montre que la moyenne d’âge se situe entre 60 et 80 ans. Or, en parallèle, « rien que pour l’Ecole nationale supérieure d’agronomie, 300 ingénieurs agronomes sortent chaque année, mais ils ne sont pas orientés là où ils devraient, notamment vers le travail de la terre », a déploré hier Ali Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), lors de son passage à la Radio nationale. En effet, il a indiqué que « l’Algérie a exporté pour seulement 100 millions de dollars de produits agricoles, avec en tête la date pour 72 millions de dollars et environs 20 millions de dollars de caroube et ses dérivés ». Selon lui, «il faut encourager l’entrepreneuriat des jeunes diplômés en agronomie et injecter cette force dans le secteur qui est sous-qualifié». Il appelle les ministères concernés à trouver des solutions pour donner aux ingénieurs agronomes des terres en concession avec des crédits à long terme. Ali bey Nasri recommande également d’augmenter les volumes de production agricole et d’aller vers l’agriculture intensive, car l’exportation nécessite «d’atteindre une taille critique». Il propose de mettre à disposition des investisseurs nationaux et étrangers de nouvelles surfaces agricoles qui seront dédiées à l’exportation. Par ailleurs, l’intervenant a indiqué que «le ministère de l’Agriculture a identifié nombre de produits du terroir dont il faut développer l’exportation, notamment les artichauts violets de Relizane, la carotte muscadine de Boussaâda ou encore les agrumes de la Mitidja…. Mais pour cela, il faut respecter les itinéraires techniques et des normes de production que l’Algérie ne maîtrise pas suffisamment». selon lui , «les atouts de l’agriculture algérienne, qui sont la précocité, la primeur et l’arrière saison, doivent être valorisés», soulignant également que «l’Algérie est l’un des rares pays au monde à continuer à étendre sa surface agricole utile, notamment dans le Sud, où les rendements sont bien supérieurs à ceux enregistrés dans le Nord». Ali Bey Nasri a cité l’exemple du blé à Adrar où le rendement à l’hectare dépasse les 80 quintaux, lorsqu’il n’atteint pas les 30 quintaux dans les Hauts-Plateaux. L’expert pose la question de l’utilité de poursuivre ces cultures dans le Nord. Selon lui, le ministère de l’Agriculture doit définir et tracer une stratégie d’exportation. «La fonction d’exportation est transversale, elle engage plusieurs secteurs et demande de nombreux métiers», prévient le président de l’Anexal. «C’est pourquoi l’investissement en partenariat avec des étrangers peut contribuer à transférer le savoir-faire et surtout une ouverture vers le réseau à l’international, ce qui peut apporter facilement des plans de charge à l’exportation», poursuit le spécialiste. Le problème de logistique et de transport se pose également. Pour l’expert, «la maîtrise de la logistique et du transport est un enjeu stratégique pour notre sécurité alimentaire». Enfin, l’invité de la Chaîne III a alerté sur l’absence «ne serait-ce qu’un vraquier dans la flotte maritime algérienne», il faut donc revoir ça et trouvé une meilleure stratégie de transport.
T. K.

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