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mercredi 29 juin 2022

Sanctions

A Washington l’on tourne la page de la présidence de Donald Trump. Le plus important étant le dossier du nucléaire iranien. Après que le président républicain ait en 2018 claqué la porte à l’Accord de Vienne que Barack Obama avait réussi à mettre en place à la suite de nombreuses années de négociations ardues, Joe Biden, à la Maison-Blanche depuis janvier dernier, tente visiblement désormais de renouer le lien avec Téhéran. Pour ce faire, les États-Unis ont fait des propositions «très sérieuses» à l’Iran pour relancer l’Accord sur le nucléaire iranien, lors de discussions à Vienne, et s’attendent à ce que Téhéran fasse preuve du même «sérieux», a indiqué, vendredi, un responsable américain. «Les négociateurs américains ont avancé une idée très sérieuse et montré une réelle intention de recommencer à respecter (l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien) si l’Iran s’y conforme à nouveau», a affirmé ce responsable à des journalistes, alors que les échanges s’interrompaient pour le week-end. Mais le responsable a indiqué que les États-Unis s’attendaient à une «réciprocité» de l’Iran quant à leurs efforts. «Nous avons vu certains signes (de réciprocité) mais certainement pas assez. La question est de savoir si l’Iran a la volonté de (…) choisir la même approche pragmatique que celle des États-Unis pour se conformer de nouveau à ses obligations prévues par l’accord», a-t-il dit. L’accord de 2015, connu sous acronyme anglais de JCPOA, a imposé des restrictions au programme nucléaire iranien afin de rassurer la communauté internationale sur le fait que Téhéran ne serait pas en mesure de développer une arme nucléaire. En contrepartie, l’accord rendait obligatoire la levée de certaines sanctions à l’encontre de l’Iran. Cependant, en 2018, l’ancien président américain Donald Trump en a retiré de manière spectaculaire son pays et a réimposé des sanctions unilatérales, ce qui a incité l’Iran à riposter en dépassant les limites de l’activité nucléaire fixées dans le texte. Le nouveau président américain Joe Biden a déclaré qu’il était prêt à réintégrer l’accord, mais l’Iran a refusé des négociations directes avec les États-Unis tant que les sanctions contre Téhéran restent en place. Des «échanges productifs» ont eu lieu, selon l’Union européenne, lors de la première semaine de discussions à Vienne pour sauver l’accord historique de 2015 sur le nucléaire iranien et les négociations vont se poursuivre mercredi, a indiqué l’Iran vendredi. «Les participants ont pris note des échanges constructifs et axés sur les résultats», a déclaré vendredi l’UE, qui coordonne les discussions, dans un communiqué. L’Iran, la Chine, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et la Russie «ont fait le point sur le travail effectué par les experts au cours des trois derniers jours et ont noté avec satisfaction les premiers progrès réalisés», a écrit sur Twitter l’ambassadeur russe à Vienne, Mikhaïl Oulianov. Reste à voir jusqu’où ira Washington et quelles concessions seront envisagées pour rétablir le lien avec Téhéran qui continue pourtant de subir de plein fouet les sanctions économiques décidées par Donald Trump. Les Iraniens, eux, malgré leur volonté de ne pas apparaître faibles face aux Occidentaux, persistent à se montrer difficiles bien que pris à la gorge par la crise financière qui frappe leur pays, et une reprise de l’Accord et des relations cordiales avec la Maison-Blanche est aujourd’hui une opportunité qu’ils ne peuvent se permettre de continuer à retarder trop longtemps.

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