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mardi 28 juin 2022

Sanctions

Dans un contexte de politique intérieure assez tendu ces dernières semaines, et plus particulièrement ces derniers jours aux États-Unis, Washington continue à surveiller de près la situation en Iran où le régime islamique a annoncé avoir enclenché le processus destiné à produire de l’uranium enrichi à 20 % dans l’usine souterraine de Fordo, bien au-delà du seuil fixé par l’accord international de 2015, a indiqué cette semaine la télévision d’État, citant le porte-parole du gouvernement. Une information confirmée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Immédiatement, les États-Unis ont dénoncé cette nouvelle entorse de l’Iran et l’ont qualifiée de «chantage nucléaire». «L’enrichissement d’uranium à 20 % par l’Iran (dans son usine de) Fordo est une tentative claire d’accentuer sa campagne de chantage nucléaire, une tentative qui continuera d’échouer», a indiqué un porte-parole du département d’État. En mai 2019, un an après le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien suivi du retour de lourdes sanctions américaines contre l’Iran, ce dernier a commencé à s’affranchir de ses principaux engagements. Et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé ce lundi que l’Iran avait enclenché le processus destiné à produire de l’uranium enrichi à 20 % dans l’usine souterraine de Fordo, une nouvelle violation de cet accord. Accusée par les États-Unis et Israël, ses ennemis jurés, la République islamique d’Iran a toujours nié vouloir se doter de l’arme atomique. Certains experts voient en cette réaction américaine une tentative, par le gouvernement sortant de Donald Trump, de mettre le futur président Joe Biden sous pression dans ce dossier. La prise de fonction du démocrate est considérée comme riche en promesses pour les partisans de l’accord, tant il s’est montré déterminé à le sauver. Mais Téhéran de son côté n’est pas pressé de voir les États-Unis revenir à l’accord international sur le nucléaire iranien et exige avant tout la levée des sanctions américaines, a déclaré, hier, le guide suprême iranien. La question n’est pas «que l’Amérique revienne ou non ; nous ne sommes pas pressés et nous n’insistons pas pour qu’elle revienne», a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei. «Notre demande rationnelle et logique est la levée des sanctions, et les sanctions doivent être levées, car il s’agit du droit usurpé de la nation iranienne», a ajouté le numéro un iranien, qui s’exprimait lors d’un discours télédiffusé. Jugeant insuffisant l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, le président américain, Donald Trump, a retiré son pays de ce pacte en mai 2018, réimposant et durcissant ensuite les sanctions contre Téhéran. En riposte, Téhéran s’est affranchi depuis 2019 de la plupart de ses engagements-clés pris à Vienne. «Si les sanctions sont levées, le retour des Américains (à l’accord) aura un sens», a déclaré Khamenei, jugeant que «lorsque l’autre partie ne remplit pratiquement aucune de ses obligations, il n’est pas logique que la République islamique remplisse toutes ses obligations». «S’ils retournent à leurs obligations, nous reviendrons à nos obligations», a-t-il ajouté, rappelant la position iranienne. Reste que si Téhéran joue sans surprise la carte de la crânerie alors que son économie est à terre, les foyers de colère se multiplient dans un pays ravagé par la pauvreté et les pénuries et le régime iranien n’a pas d’autre choix que d’accepter la main tendue par la nouvelle administration américaine.

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