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dimanche 4 décembre 2022

Saida Neghza, présidente de la CGEA : Les douanes, un facteur de blocage

Pénalisés par la pression de l’administration douanière, des importateurs de café, qui refusaient de verser dans la surfacturation, risquent de se retirer, ce qui provoquera une forte hausse de prix, a mis en garde Saida Neghza, présidente de la CGEA. Cette hausse se fera d’autant ressentir que nous sommes à la veille du Ramadhan…

Par Aomar Fekrache

La présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), Saida Neghza, a tiré à boulets rouges sur les individus et facteurs de blocage de l’économie nationale. S’exprimant à l’émission LSA Direct, elle a défendu becs et ongles les investisseurs et hommes d’affaires algériens, intègres, pénalisés par le fonctionnement actuel de l’administration douanière et du système bancaire.
Evoquant l’importation du café, elle révélera que ce sont les services des douanes qui «mettent des pressions sur les importateurs pour augmenter les factures». Le prix du café, a-t-elle expliqué, dépend de la bourse, que l’administration douanière ne suit pas. «Il y a une Issaba qui déclare à 1900 dollars la tonne, alors que les adhérents de la CGEA ne déclarent que 1300 dollars» a-t-elle indiqué. C’est carrément un écart de 600 dollars à multiplier par des milliers de tonnes d’importation. «Cette différence c’est l’Etat qui la paye» a dénoncé Mme Neghza. Cette situation ne s’applique pas que pour les importations, mais concerne aussi les exportations, a-t-elle signalé, rappelant que pourtant, le président de la République ne cessait d’affirmer qu’il faut lutter contre la surfacturation. «Moi je veux comprendre si ces personnes travaillent contre le Président, contre l’Etat ou contre le peuple» s’est indignée la présidente de la CGEA, demandant à cet effet «l’intervention du Président et du Premier ministre».
Si les problèmes auxquels sont confrontés les importateurs de café persistent, les prix risquent de flamber et le citoyen «va acheter le café à 3000 et 4000 DA durant le mois de Ramadhan». Saida Neghza, interrogée sur la qualité du café importé en Algérie, a expliqué qu’il y a différentes qualités et grades et c’est aux douanes qu’incombe la mission de faire la différence entre le bon et moins bon café. Et d’asséner en affirmant que : « certains responsables ne méritent pas leurs postes. On a besoin de responsables qui aiment l’Algérie avant d’aimer les postes qu’il occupent».
Selon elle, certaines personnes «travaillent contre les instructions du Président», sinon comment expliquer cette surfacturation imposée afin d’arranger certains individus.
Au sujet des banques, elle a indiqué qu’en Algérie «on a des guichets et non pas des banques». La banque, comme c’est le cas de par le monde, doit être un partenaire, a-t-elle expliqué. A cause de ces blocages, Saida Neghza, qui est à la tête de Business Africa, dira que «C’est très difficile de parler d’exportation en Afrique en ce moment». Ceux qui profitent du business en Afrique sont les Tunisiens, les Marocains et les Libanais, explique-t-elle, précisant : «C’est moi qui les introduit sur le marché africain mais sans les Algériens. Avec le système douanier actuel, on ne peut pas exporter. Un simple dossier prend des mois et des mois…»
La présidente de la CGEA n’a toutefois pas manqué d’affirmer que le produit algérien a sa place sur le marché africain. A l’origine «les entraves sont en Algérie et non pas en Afrique» a-t-elle nuancé. Tout en saluant l’initiative de la diplomatie économique lancée par le ministère des Affaires étrangères, la présidente de la CGEA regrettera que l’Algérie ait fait, à l’époque de l’ancien Président «des dons à des pays africains sans que l’on profite pour y introduire nos hommes d’affaires. J’espère qu’à l’avenir les hauts responsables de l’Etat soient accompagnés dans leurs visites par les hommes d’affaires » a-t-elle suggéré. Au sujet de l’action du gouvernement, elle dira que l’on ne pouvait pas faire une évaluation concernant l’année passée, à cause de l’épidémie du coronavirus. «Mais à l’avenir, les ministres doivent sortir sur le terrain, se rapprocher du citoyen et connaître ses préoccupations». Pour les retombées de la crise sanitaire, la présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes dira que les autorités publiques ont pris des mesures pour soutenir les entreprises (impôts, CNAS, Cacobatph, pénalités amoindries), émettant cependant le souhait que l’Etat leur accorde une période supplémentaire de six mois. Les grandes entreprises, a-t-elle souligné, ont pu tenir le coup, mais pas les PME dont un grand nombre a fermé à cause de la crise. Saida Neghza a conclu en indiquant : «Actuellement, il y a une Issaba non déclarée. Et si on ne la chasse pas, on ne pourra pas avancer. Ils sont très puissants puisqu’ils sont financés par la Issaba qui est en prison».

A. F.

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