27.9 C
Alger
mardi 28 septembre 2021

Sahara occidental: Guterres juge «essentiel» de relancer le processus de paix

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a jugé vendredi «essentiel» de relancer le processus de paix au Sahara occidental, à l’arrêt depuis 2019, soulignant que des efforts sont menés par l’Organisation onusienne pour nommer un envoyé personnel pour ce conflit.

Par Moncef G.

«Nous sommes en train de déployer un véritable effort pour enfin nommer un envoyé spécial en vue de relancer le processus de paix», a déclaré le chef de l’ONU au cours d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, à l’occasion d’une visite à Madrid.
«Il est absolument essentiel d’avoir un envoyé spécial pour relancer le dialogue politique sur le Sahara occidental, car la situation n’est pas tenable et représente un facteur d’instabilité dans la région», ajoute M. Guterres, cité par l’agence espagnole EFE.
«Nous avons besoin de relancer le dialogue politique et il est essentiel que les deux parties (au conflit) acceptent l’envoyé», a-t-il insisté, relevant que13 noms proposés jusqu’a présent pour mener cette mission ont tous été rejetés.
Le poste d’envoyé spécial de l’ONU au Sahara occidental est vacant depuis la démission, en mai 2019, du dernier titulaire, l’ex-président allemand Horst Kohler. M. Guterres avait indiqué début mai avoir déjà proposé 12 candidats en deux ans. Il n’a pas précisé vendredi qui était ce 13e candidat qui a été rejeté, mais selon des sources diplomatiques à l’ONU, il s’agissait de Staffan de Mistura.
L’ancien envoyé spécial de l’ONU pour le conflit en Syrie avait été accepté par le Front Polisario, mais s’est heurté au refus de Rabat, selon les mêmes sources.
Le Maroc, qui a entravé le travail des anciens envoyés de l’ONU au Sahara occidental, les poussant même à la démission, rejette la nomination à ce poste de candidats issus de pays connus pour leur neutralité envers la question sahraouie, comme les pays scandinaves, l’Australie, l’Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas.
Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie enAfrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.

France : des agents marocains perturbent une réunion dédiée à la solidarité avec les enfants sahraouis
Des Marocains actionnés par Rabat ont tenté, jeudi, de perturber une réunion du Conseil municipal de la ville d’Ivry-sur-Seine, dans la banlieue de Paris en France, dédiée à la solidarité avec les enfants sahraouis, suscitant l’indignation du maire, Philippe Bouyssou.
«Hier soir – lors du Conseil municipal – nous soumettions au vote une subvention de 6 000 euros pour financer un projet solidaire pour les enfants sahraouis à Tindouf. Des soutiens à la puissance occupante marocaine ont alors tenté de faire pression, y compris dans l’enceinte du Conseil municipal. La séance s’est poursuivie à huis clos et sous protection policière», s’indigne le maire d’Ivry-sur-Seine dans une vidéo postée sur sa page Facebook.
Le maire a demandé à ses collègues de poursuivre les débats à huis clos, et ces derniers ont accepté à l’unanimité. Les agents marocains ont alors été expulsés de la salle manu militari. Il a expliqué que «ce n’est pas du tout une volonté de masquer les débats puisqu’ils sont retransmis par Internet, mais une pression physique qui s’exerce sur le Conseil», déplorant ce type de pression sur un Conseil démocratiquement élu.
«C’est la première fois qu’un Conseil municipal doit se tenir sous protection policière. C’est la première fois ! Parce qu’il y a des activistes marocains qui ont appelé à manifester devant le Conseil municipal pour interrompre ses travaux eu égard à la délibération qui [vous] est soumise», a-t-il dénoncé, estimant «inacceptable qu’une puissance étrangère entend intervenir sur les capacités d’un Conseil municipal de délibérer».
M. Bouyssou s’est dit «étonné» de retrouver l’intervention de Madame Rachida Kaaout qui s’est opposée au financement de ce projet solidaire sur un site de soutien au régime marocain.
«Encore plus étonnant, l’article qui retranscrit son intervention mot pour mot a été publié hier soir à minuit, alors même que le Conseil se poursuivait à huis clos», écrit le maire.
«Nous connaissions Madame Rachida Kaaout en tant que porte-parole de la ‘’start-up nation’’ à Ivry, serait-elle également la représentante de la monarchie archaïque du
Maroc ?», s’est-il interrogé à ce propos.
Et d’affirmer : «Jamais aucune manœuvre de ce genre ne fera entrave à notre soutien plein et entier au droit à l’autodétermination du peuple Sahraoui. De la même manière, jamais je ne confondrai le peuple marocain avec la politique de son gouvernement. A Ivry – ville solidaire et métissée – il n’y a que des Ivryennes et des Ivryens».
Sur sa page Facebook, le maire a rappelé qu’«Ivry – ville messagère de la paix – s’engage de longue date pour la défense des droits humains, l’autodétermination des peuples et pour une paix juste et durable dans le monde». Et «c’est dans ce sillage que nous apportons un soutien à la fois politique et humanitaire au peuple sahraoui, dont le territoire est occupé par le Royaume du Maroc depuis le départ des autorités coloniales en 1976, comme en atteste le droit international et le Conseil de sécurité de l’ONU», a-t- il souligné. M. G.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img