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mercredi 27 janvier 2021

Sahara occidental: Des parlementaires britanniques interpellent leur gouvernement sur la répression marocaine

Le sous-secrétaire d’Etat parlementaire aux Arts, à l’Héritage et au Tourisme du cabinet fantôme britannique, Alex Sobel, a interpellé son gouvernement sur la situation des détenus politiques sahraouis dans les geôles marocaines, particulièrement celle du détenu politique Yahia Mohamed El Hafedh Iza incarcéré à la prison de Bouizakarne au sud du Maroc, et dont la famille ignore le sort depuis le 9 octobre dernier. Alex Sobel s’est renseigné sur les résultats des débats qu’a eus le gouvernement britannique avec l’ambassade du Maroc à Londres sur le déroulement du procès du détenu politique sahraoui devant la cour d’appel de Marrakech le 21 octobre 2020, a rapporté, mardi, l’Agence de presse sahraouie (SPS).
Pour sa part, le député Maurice Karham, du Parti des travaillistes de l’arrondissement d’Islington, a demandé au ministère britannique des Affaires étrangères de protester auprès de l’ambassade du Maroc concernant la répression des civils dans les territoires du Sahara occidental sous occupation marocaine, et l’interdiction de voyage et de déplacement pour les militants des droits de l’Homme, suite à la dernière escalade entre le Front Polisario et le Maroc.
De son côté, le député de Stockport, Navendu Mishra, représentant du même parti a demandé au ministre d’Etat chargé de la région MENA de soulever, avec le Maroc, les questions et les rapports relatifs à la détention arbitraire et les harcèlements plus fréquents des forces marocaines contre les Sahraouis dans la ville de Laâyoune occupée.
Dans ce même contexte, le député Kim Johnson du Parti Travailliste pour le district de Liverpool, a appelé le gouvernement à interpeller le Maroc sur les rapports relatifs aux actes de harcèlement dont sont victimes les prisonniers civils sahraouis dans la prison de Kenitra.
Les termes de l’accord de cessez-le-feu conclu, rappelle-t-on, en 1991, entre les deux parties au conflit (le Maroc et le Front Polisario) sous l’égide des Nations unies, interdisent toute présence militaire dans la zone démilitarisée.
Le député Alan Brown, ex-président du Groupe parlementaire de solidarité avec le peuple sahraoui et porte-parole du SNP (Parti national écossais), a appelé le ministère britannique des Affaires étrangères (Foreign Office) à interpeller le gouvernement marocain sur l’assignation à résidence de défenseurs sahraouis des droits de l’Homme.
Répondant aux questions soulevées par les députés, le ministre d’Etat pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, James Cleverly, a réaffirmé que le gouvernement «suit de près la situation au Sahara occidental», et continue de prôner la désescalade et la reprise du processus politique dirigé par l’ONU.

Paris : l’Aarasd dénonce la réaction marocaine agressive contre une manifestation sahraouie
L’Association française des Amis de la RASD (Aarasd), a dénoncé la réaction marocaine «particulièrement agressive» contre la diaspora sahraouie qui a organisé samedi un rassemblement autorisé par les autorités municipales de Paris, assurant que personne n’est pas en mesure d’empêcher l’expression publique sahraouie en faveur de l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.
«La diaspora sahraouie rassemblée à Paris ce 28 novembre 2020 a subi une réaction marocaine particulièrement agressive», a dénoncé dans une déclaration de presse, Régine Villemont, présidente de l’Aarasd.
Le rassemblement a été organisé par les membres de la communauté sahraouie établie en France et en Europe, en vue d’apporter un soutien aux initiatives prises à El-Guerguerat, au sud-ouest du Sahara occidental et la décision de reprendre la lutte armée suite à la violation du cessez-le-feu par l’armée marocaine ce 13 novembre.
Comme l’an dernier, rappelle la présidente de l’Aarasd, «ce rassemblement organisé de manière responsable avec un service de sécurité, avait obtenu l’autorisation de la Préfecture de Paris».
En effet, un groupe d’environ 50 personnes d’origine marocaine s’est employé à empêcher ce rassemblement. Plus nombreux et plus agressifs que l’an dernier, ces derniers s’en sont pris aux Sahraouis, selon Mme Villemont.
L’association des Amis de la RASD, assure à ce propos être «très attentive» à la situation actuelle au Sahara occidental, exprimant son soutien à ce rassemblement. Elle dénonce, en outre, «les agissements d’un groupe irresponsable qui a voulu s’imposer dans l’espace public en France sans disposer d’aucune autorisation de rassemblement et a engagé contre les militants sahraouis présents des actes d’intimidation et violence», a-t-on souligné dans la déclaration.
L’association a soutenu, à ce propos, que ce groupe «n’est pas en mesure d’empêcher l’expression publique sahraouie en faveur de l’autodétermination et de l’indépendance».
«L’actualité est préoccupante pour ces personnes d’origine marocaine sans doute en service commandé», a soutenu l’association, soulignant que ces derniers «se livrent à de vaines batailles sur les réseaux sociaux où ils diffusent des informations fallacieuses, des images truquées pour tenter de tromper ceux et celles l’opinion internationale et vendre leur habituelle propagande».
A cet effet, l’association des Amis de la RASD renouvelle solennellement «son soutien à tous les membres de la diaspora sahraouie, devenus depuis 45 ans citoyens de la RASD, acteurs comme les Sahraouis réfugiés ou sous occupation illégale marocaine, de la lutte pour leur indépendance», a conclu Mme Villemont. En effet, des centaines de manifestants se sont rassemblés samedi sur la «Place de la République» de Paris pour dénoncer l’agression marocaine contre des civils sahraouis à El-Guerguerat et appeler l’ONU à agir pour obliger le Maroc à se conformer au droit international.
Les manifestants ont exigé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité en vue d’accélérer l’organisation du référendum d’autodétermination au Sahara occidental, promis par l’ONU depuis trois décennies.
Le rassemblement a été tenu à l’appel du Collectif des associations de la Communauté sahraouie en France et la Plateforme pour la Solidarité avec le peuple du Sahara occidental.
La manifestation vient également en soutien aux 19 prisonniers politiques sahraouis de «Gdeim Izik» dans les prisons marocaines.
Pour rappel, les forces d’occupation marocaines ont violé le cessez-le-feu signé en 1991 avec le Front Polisario sous l’égide de l’ONU, en menant une agression militaire contre des civils sahraouis dans la région d’El-Guerguerat le 13 novembre dernier, une région considérée par l’ONU comme étant une région désarmée, suscitant de vives condamnations internationales.
Hania T.

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