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mercredi 29 juin 2022

Russie: Près de 200 personnes arrêtées lors des manifestations pour Navalny

Des dizaines de personnes ont été arrêtées hier en Russie en marge des manifestations organisées à travers le pays à l’appel des partisans de l’opposant Alexeï Navalny pour exiger sa libération, en dépit des multiples pressions des autorités.
De Moscou à Ioujno-Sakhalinsk, l’équipe du célèbre militant anti-corruption, victime d’un empoisonnement présumé cet été, a publié des appels au rassemblement dans 65 villes russes.
Les premières manifestations ont eu lieu hier dans l’Extrême-Orient russe et en Sibérie, où des milliers de personnes sont descendues dans la rue, notamment à Vladivostok, Khabarovsk, Novossibirsk et Tchita, selon les partisans de M. Navalny, en scandant «Liberté à Navalny !», «Liberté aux prisonniers politiques !», face à d’importants effectifs de la police anti-émeutes déployés sur les lieux.
«Si je n’étais pas venu ici, j’aurais eu honte de regarder mes enfants et mes petits-enfants dans les yeux», a déclaré à l’AFP l’un des manifestants, un retraité, à Vladivostok.
A Iakoutsk, au sud du Cercle polaire, une centaine de protestataires ont bravé le froid extrême en manifestant par -50 degrés Celsius.
Environ 200 protestataires avaient déjà été arrêtés dans une vingtaine de villes russes vers 08h30 GMT, selon l’ONG OVD-info, spécialisée dans le suivi des interpellations en marge des manifestations.
Les arrestations ont été particulièrement brutales à Vladivostok, port russe sur
l’océan Pacifique, où les policiers anti-émeutes ont couru derrière les manifestants et les ont frappés avec des bâtons, selon une vidéo de l’AFP.
A Moscou, où la mobilisation de l’opposition est habituellement la plus forte, les protestataires devaient se réunir à 11h00 GMT sur la place Pouchkine, puis défiler le long d’une rue centrale de la capitale en direction du Kremlin.La police moscovite a d’ores et déjà promis de «réprimer sans délai» tout rassemblement non autorisé.
Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a dénoncé des manifestations «inacceptables» en pleine pandémie de coronavirus.
Sur Instagram, la femme de M. Navalny, Ioulia, a néanmoins annoncé son intention de manifester à Moscou.
Les autorités n’ayant pas autorisé ces rassemblements, les protestataires s’exposent partout en Russie à des poursuites judiciaires.
La police russe a déjà interpellé cette semaine, en amont des mobilisations, des alliés de premier plan d’Alexeï Navalny dont deux ont été condamnés vendredi à de courtes peines de prison.
Placé en détention jusqu’au 15 février au moins et visé par plusieurs procédures judiciaires, Alexeï Navalny, 44 ans, a été appréhendé dimanche dernier, dès son retour d’Allemagne, après cinq mois de convalescence.
Fin août, il était tombé gravement malade en Sibérie et avait été hospitalisé en urgence à Berlin, victime, selon lui, d’un empoisonnement des services secrets russes à un agent neurotoxique.
Trois laboratoires européens avaient également conclu à un empoisonnement, ce que Moscou dément fermement, dénonçant un complot.
Dès l’arrestation de M. Navalny, condamnée par les puissances occidentales, ses soutiens ont relayé des milliers d’appels à la protestation sur les réseaux sociaux, où l’opposant jouit d’une visibilité importante, alors qu’il est largement ignoré des grands médias d’Etat russes.
Pour limiter ces appels à manifester, le gendarme russe des télécommunications Roskomnadzor a menacé
d’amendes les plateformes TikTok et Vkontakte (VK), l’équivalent russe de Facebook.
Alors qu’une enquête a été ouverte pour «incitation à des actes illégaux auprès de mineurs», le ministère de l’Education a appelé les parents à «empêcher» leurs enfants de rejoindre des manifestations.

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