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dimanche 27 novembre 2022

Rien ne semble freiner les cours du pétrole : Le Brent retrouve les 55 dollars, au plus haut depuis 10 mois

Les cours du pétrole poursuivent leur remontée avec un baril de Brent qui se négocie au-dessus des 55 dollars, au plus haut depuis le mois de février. Rien ne semble arrêter cette progression, pas même les mauvais chiffres de l’emploi américain, à la fin d’une semaine marquée par l’annonce de l’Opep+ d’une offre contenue d’or noir. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a bondi de 2,96 %, soit 1,61 dollar à 55,99 dollars par rapport à la clôture de la veille, un plus haut depuis fin février, avant que la pandémie de Covid-19 se répande. Le baril américain de WTI pour le mois de février a grimpé de son côté de 2,77 %, soit +1,41 dollar, à 52,24 dollars, un sommet depuis le 24 février. «On a eu de mauvaises données économiques, le dollar est plus fort et, malgré cela, les prix du brut continuent de grimper à des sommets plus vus depuis 10 mois», a souligné Matt Smith de Clipper Data. La mauvaise nouvelle économique est venue du marché de l’emploi américain qui en décembre a détruit 140 000 emplois, un chiffre inattendu pour les analystes, mais les opérateurs ont ignoré cette dégradation du marché du travail. «Le soutien des cours vient toujours des coupes de production initiées de façon surprise par l’Arabie saoudite cette semaine», a poursuivi Matt Smith, ajoutant que l’Arabie saoudite «donnait désormais le ton pour la trajectoire recherchée pour cette année, c’est-à-dire une hausse des prix». La décision de l’Arabie saoudite de réduire unilatéralement sa production d’un million de barils par jour supplémentaires «continue de soutenir le mouvement haussier, tandis que le déploiement des vaccins rassure sur les perspectives de la demande à venir», a également estimé Neil Wilson, analyste de Markets.com. À l’issue du premier sommet de l’année des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs partenaires mardi, le chef de file saoudien a annoncé une coupe volontaire, hors de l’accord en vigueur, d’un million de barils par jour en février et mars. La production des autres pays restera inchangée sur la période, hormis la Russie et le Kazakhstan qui augmenteront la leur, mais à la marge. Le ministre de l’Énergie, Abdelmadjid Attar, a salué la décision de l’Arabie saoudite de réduire sa production. Le ministre a fait savoir que les prix du baril pourraient se maintenir au-delà de la barre des 50 dollars, au moins durant les six premiers mois de 2021, si les pays participants parviennent aux décisions permettant de préserver les cours du marché pétrolier. De son côté, la banque américaine Goldman Sachs prévoit un baril de Brent à 65 dollars à la fin de cette année. Pour Matt Smith, «le marché du pétrole essaye de rattraper les autres marchés», alors que les matières premières et surtout Wall Street ont le vent en poupe. «Il y a beaucoup de liquidités, une vigilance sur l’inflation et de la spéculation», a ajouté l’analyste qui affirme assister à «un large volume de liquidités affluer sur les matières premières pour se prémunir contre l’inflation». Le salaire horaire aux États-Unis a fait un bond inattendu en décembre de 0,8 %, selon les chiffres du ministère du Travail. La victoire des démocrates mercredi à deux élections partielles en Géorgie (sud), accordant ainsi le contrôle du Sénat américain au président élu Joe Biden, était également de nature à soutenir les cours du brut. Les investisseurs s’attendent à davantage de soutien budgétaire à la première économie mondiale.
Meriem Benchaouia

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