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samedi 13 avril 2024

Révolution algérienne: L’Art, une arme forte pour défendre la cause nationale

Le combat libérateur pour l’indépendance de l’Algérie porté sur le terrain de la réflexion à travers la créativité artistique aura permis de mettre à nu les affres du colonialisme français et alerter le monde sur les conditions de vie du peuple algérien en lutte pour son indépendance.
Les chefs de la Révolution avaient pris conscience de la nécessité de mener la lutte sur tous les fronts, ceux du théâtre, la chanson, le cinéma, la littérature, la poésie et les arts plastiques notamment.
Créée en 1958 en Tunisie sous la direction de l’écrivain et dramaturge Mustapha Kateb, la troupe artistique du Front de libération nationale (FLN) qui comptait déjà une cinquantaine d’éléments, a eu «un rôle prépondérant durant la guerre de Libération», dira le comédien et dramaturge Abdelhamid Rabia. «Plusieurs productions théâtrales et chansons patriotiques ont contribué à internationaliser le combat légitime des Algériens pour leur souveraineté».
«Vers la lumière», «Montserrat», «Les enfants de la Casbah», «Akhirou Kawmi», «Les immortels» et «Le sang des libres», sont autant de pièces «écrites et montées entre 1954 et 1962 dans le but de sensibiliser encore plus l’opinion nationale et dresser une radiographie du moment de l’Algérie en guerre pour son indépendance à l’endroit de l’opinion internationale».
Les pièces de théâtre et chants patriotiques, à l’instar entre autres, de l’Hymne national «Qassaman» écrit par Moufdi Zakaria du fond de sa cellule, «A Yemma Azizen Ur tsru» de Farid Ali ou «Qalbi ya bladi la yensak» d’El Hadi Radjeb, présentés dans plusieurs pays, auront suscité l’adhésion de l’opinion internationale à la cause algérienne.
D’autre part, l’image a également été mise à contribution pour répercuter la détermination du peuple algérien et disqualifier la propagande mensongère de l’occupant français. C’est ainsi que le monde entier prendra connaissance des atrocités et des pratiques inhumaines et disproportionnées perpétrées par l’armée coloniale à l’égard du peuple algérien.
L’importance d’appuyer la revendication par l’image et le son acquise, les dirigeants de la révolution avaient chargé en 1955 le cinéaste Djamel Chandarli de plaider la cause nationale à l’étranger. Soutenu par des photographes, journalistes et cinéastes algériens et étrangers à l’image de René Vautier, Pierre Chaulet, Stevan Laabudovic, Pierre Clément et d’autres encore, le cri du peuple algérien a retenti dans toutes les capitales du monde, repris par «les chaînes de télévision américaines et anglo-saxonnes».
Les poètes du «melhoun» ont également grandement contribué à plaider la cause algérienne, dénonçant dans leurs textes la forfaiture et les crimes commis par l’occupant français et ravivant le sentiment patriotique chez les citoyens.
Militants convaincus et créatifs, les artistes-peintres algériens n’ont pas démérité, à l’image de M’hamed Issiakhem, Mohamed Khedda, Choukri Mesli et Abdellah Belanter, entre autres, qui ont porté la révolution algérienne, faisant retentir ses échos à Paris notamment.
Au début des années 1950, Mouloud Mammeri fera parler le peuple algérien dans ses ouvrages, permettant aux siens de dévoiler leur sensibilité d’autochtones, leur condition, et surtout, leur passion pour leur patrie qu’ils veulent voir libérée.
Dans «La grande maison» (1952) et «L’incendie»(1954) Mohammed Dib instaure une distance intellectuelle qui permet de projeter sa condition pour la percevoir de l’extérieur et mieux permettre le constat et la prise de conscience, préalables à un éventuel passage à l’action.
De son côté, Mouloud Feraoun fait part au lecteur des souffrances des siens en se racontant dans «Le fils du pauvre» (1950), alors que Kateb Yacine, survivant des massacres du 8 mai 1945, représente l’Algérie consciente et militante dans son fameux roman «Nedjma» en 1956.
F. H.

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