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mardi 9 août 2022

Réunification

Avec près de 100 000 morts du côté des forces défendant le camp du Sud et plus de 300 000 morts du côté du camp du Nord, la Guerre de Corée qui s’est tenue entre 1950 et 1953 a résulté en la scission de la péninsule coréenne en deux pays ennemis. Deux pays qui ne sauraient être plus différents politiquement mais dont les peuples (le même, réparti dans deux camps différents) continuent à espérer une réunification prochaine. Or hier, l’influente Ces remarques de Kim Yo Jong, rapportées par l’agence de presse officielle KCNA de Pyongyang, répondent aux récents appels du président sud-coréen Moon Jae-in à déclarer une fin officielle au conflit de 1950-53 qui s’est terminé par une trêve, et non par un traité de paix, laissant les deux parties techniquement en guerre depuis plus d’un demi-siècle. Dans un discours prononcé devant l’Assemblée générale des nations unies en début de semaine, Moon Jae-in a proposé de déclarer la fin du conflit, soulignant que cela permettrait de « réaliser des progrès irréversibles en matière de dénucléarisation et d’ouvrir une ère de paix complète». Conseillère politique clé de son frère, Kim Yo Jong a toutefois estimé que ces déclarations n’avaient «aucun sens» tant que des « normes de double jeu, des préjugés et une politique hostile » seraient en place. « Pour que la fin de la guerre soit déclarée, le respect mutuel doit être maintenu et les préjugés, la politique hostile invétérée et de deux poids deux mesures doivent d’abord être supprimés », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté qu’un tel appel « ne tiendrait pas la route et ne changerait rien » dans les conditions actuelles, mais que le Nord serait prêt à discuter de l’amélioration des liens entre les deux Corées si Séoul renonçait à son hostilité. La semaine dernière, Kim Yo Jong a accusé Moon Jae-in de « calomnie » après des tirs de missiles des deux Corées. La Corée du Nord a procédé deux fois à des tirs de missiles rien que ce mois-ci, l’un impliquant un missile de croisière à longue portée et l’autre des missiles balistiques à courte portée. Moon Jae-in a qualifié les récents tirs de Pyongyang de « provocations » tandis qu’il supervisait le tir d’essai réussi d’un missile balistique lancé par sous-marin (SLBM) la semaine dernière, faisant du Sud l’une des rares nations à disposer de cette technologie avancée. Kim Yo Jong a répliqué en condamnant « l’attitude illogique de Séoul qui décrit son comportement similaire comme une action légitime pour soutenir la paix, et le nôtre comme une menace pour la paix ». Les communications entre le Nord et le Sud ont été largement coupées depuis le deuxième sommet infructueux entre les États-Unis et la Corée du Nord à Hanoï en février 2019, le président américain de l’époque, Donald Trump, et Kim Jong Un ne parvenant pas à s’entendre sur les termes d’un accord. Reste à voir si cette fois-ci et le fait que la sœur du dirigeant coréen elle-même fasse des déclarations allant dans le sens d’un accord de paix (soumis à de très nombreuses conditions) laisse entrevoir une possible fin de conflit entre Pyongyang et Séoul. Surtout les deux peuples séparés depuis près de 70 ans pourrait une fois encore espérer revivre ensemble en harmonie.

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