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samedi 10 décembre 2022

Retraites

Il y a moins de dix-huit mois encore, la France, avant d’entrer dans une crise sanitaire sans précédent, en même temps que le reste du monde, était secouée par une profonde crise sociale qui a connu son apogée avec les manifestations contre la Réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron et son gouvernement. Aujourd’hui, cette réforme, qui à l’époque était présentée comme nécessaire et indispensable à la survie économique du pays, n’est plus dans l’agenda social des prochaines semaines, selon la ministre du Travail, Élisabeth Borne, alors qu’une conférence de dialogue social doit se tenir avec les partenaires sociaux le 15 mars à Matignon. «Aujourd’hui, la priorité c’est de gérer la crise et d’en sortir. C’est une réforme nécessaire, mais elle doit se faire dans le dialogue social. Pour cela, il faut que le contexte ait évolué», déclare la ministre dans un entretien au «Parisien», mis en ligne mardi soir. «Je ne sais pas de quoi seront faits les prochains mois. On verra en fonction de l’évolution de la situation. À ce stade, il n’y a pas de rencontre à ce sujet prévu dans l’agenda social», ajoute-t-elle. La ministre juge, par ailleurs, qu’«il serait normal qu’on isole la dette Covid, y compris pour l’assurance-chômage», car «cette dette a été créée dans des circonstances particulières avec la baisse des cotisations et des dépenses supplémentaires». L’Unédic, qui prend en charge un tiers du financement de l’activité partielle, estime l’impact lié à la crise économique entre 2020 et 2022 sur ses finances à près de 39 milliards d’euros. Élisabeth Borne, qui a présenté ce mardi les arbitrages de l’exécutif pour adapter la réforme de l’assurance-chômage à la crise, entend mener à partir d’avril une réflexion sur la gouvernance de l’Unédic, qui gère paritairement l’assurance-chômage. «Nous avons montré ces derniers mois que nous savions construire ensemble et que le dialogue social est utile. Nous devons réfléchir ensemble à un système où chacun à sa place, l’État, les partenaires sociaux, le Parlement», explique-t-elle, en excluant de nationaliser l’assurance- chômage. Les réformes de fond qui devaient jalonner le mandat d’Emmanuel Macron semblent ainsi mises au placard au profit de petites réformes semblables à celles qui se multiplient avec chaque nouveau président, mais qui ne changent pas fondamentalement le fonctionnement de l’État, surtout au niveau budgétaire. Le gouvernement sait, en effet, qu’avec la vague sans précèdent de chômage qui va frapper le pays au sortir de la crise sanitaire, la crise économique qui s’annonce risque aussi d’être une terrible crise sociale qui va toucher des millions de Français et qu’ajouter à cela de nouvelles restrictions serait embraser encore plus une situation déjà brûlante.

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