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lundi 8 août 2022

Retrait

Alors que le retrait total et définitif des dernières troupes militaires américaines encore présentes en Afghanistan est prévu pour le 11 septembre prochain, de nombreuses voix s’élèvent parmi la population afghane pour crier leur désarroi face à ce qu’elles estiment être un abandon des États-Unis. Surtout que les talibans gagnent de plus en plus de terrain dans le pays et semblent sur le point de s’emparer une fois encore du pouvoir. Les femmes surtout sont très inquiètes de voir leurs quelques avancées leur être définitivement supprimées par le régime des terroristes islamistes. Aux États-Unis, l’ancien président américain George W. Bush critique le retrait d’Afghanistan des troupes de l’OTAN, une «erreur» dont, selon lui, vont pâtir «les femmes et les filles afghanes». «Les femmes et les filles afghanes vont subir un préjudice indescriptible. C’est une erreur», s’alarme dans un entretien au média allemand «Deutsche Welle» l’ancien président, qui avait envoyé les troupes américaines en Afghanistan à l’automne 2001, après les attaques du 11 septembre. «Elles vont juste être laissées derrière pour être massacrées par ces gens très brutaux, et cela me brise le cœur», déplore l’ancien président républicain dans cet entretien accordé à l’occasion d’une visite d’Angela Merkel à Washington. Bush dit d’ailleurs penser que la chancelière allemande «ressentait la même chose que lui». Il rend hommage à la «classe et la dignité» de Merkel, qui quittera la chancellerie à l’automne après 16 années à la tête de l’Allemagne. La chancelière rencontrera aujourd’hui, à la Maison-Blanche, le président démocrate Joe Biden. Le chef des forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan, le général Austin Scott Miller, a passé la main lundi lors d’une cérémonie rappelant l’imminence du retrait définitif des troupes étrangères du pays, où les talibans ne cessent de gagner du terrain. Ce passage de flambeau est une des dernières étapes avant le départ définitif d’Afghanistan des troupes étrangères, censé se terminer d’ici fin août. Environ 2 500 soldats américains, et 7 000 d’autres pays – étaient présents en Afghanistan lorsqu’ils ont entamé début mai leur retrait. Ce retrait mettra fin à 20 ans d’intervention d’une coalition menée par les États-Unis et entrée en Afghanistan en octobre 2001, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, après le refus du régime taliban de livrer le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, à qui il donnait asile. Il intervient en pleine offensive des talibans, qui leur a permis de s’emparer de vastes portions de territoire face à une armée afghane désormais privée du crucial soutien aérien américain et qui n’a que peu résisté. Surtout que la population, qui avait ces vingt dernières années oublié les lois iniques du régime taliban, craint de devoir se soumettre une fois encore à la dictature islamique.

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