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jeudi 25 avril 2024

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Malgré son mauvais quinquennat passé à l’Élysée, le plus grand regret de François Hollande restera certainement de ne pas avoir pu se présenter à sa propre réélection et d’avoir dû quitter la fonction suprême après seulement un mandat. C’est ainsi que la gauche, qui a vu les candidatures à l’élection présidentielle se multiplier ces derniers mois, a bien failli en avoir une de plus sur la ligne de départ dans la course à l’Élysée. En effet, selon le journal «Le Monde», François Hollande a sérieusement envisagé de se représenter en 2022, lui qui avait refusé, face aux sondages désastreux, de briguer un second mandat en 2017. Au moment où la campagne d’Anne Hidalgo peinait déjà à décoller, en décembre 2021, l’ancien chef de l’État a pris la température auprès de ses plus proches conseillers, dont l’ancien député Julien Dray et l’expert en stratégie et communication politique Christian Michel, pour savoir si ses envies pouvaient présenter un réel intérêt auprès des Français. Une petite campagne pour tâter le terrain est alors lancée et les potentiels soutiens ne manquent pas. Des membres de l’aile gauche de La République en marche, des écologistes qui ont soif de victoire ou encore ceux qui estiment que Jean-Luc Mélenchon ne représente pas un vote utile, sont alors intéressés. Nombreux sont ceux à voir d’un bon œil un retour au premier plan de François Hollande. Deux équipes sont alors formées et mettent en place un programme social-démocrate fait de multiples propositions. «En vingt-quatre heures, on pouvait lancer une campagne. En coulisses, on avait une trentaine d’experts enthousiastes, fiers du bilan de François Hollande en 2017 et qui voulaient le poursuivre : la redistribution, l’émancipation, mais aussi des déficits maîtrisés, un chômage en baisse… Ils n’attendaient qu’une chose : qu’il appuie sur le bouton», confie le haut fonctionnaire Maxime Boutron à nos confrères. À la fin du mois de décembre, tout commence à s’accélérer et la réflexion d’une annonce de candidature et de ses modalités s’intensifie au moment où Anne Hidalgo passe sous la barre des 5 % dans les sondages. «Les sondages qui tombent tous les jours… Ça va tourner au supplice», résume l’ancien chef de l’État en privé. Mais François Hollande met un point d’honneur à ne pas accélérer la chute de la candidate socialiste. La volonté de la maire de Paris à ne rien lâcher et à ne pas se retirer sème le doute et va sonner le glas de la potentielle candidature de l’ancien locataire de l’Élysée. «Je ne veux pas aller contre Hidalgo ni contre mon parti», affirme-t-il à ses troupes. Courant février, Anne Hidalgo parvient à obtenir ses 500 parrainages et met donc fin à un retour sur la scène politique de François Hollande en 2022. «En prenant un temps invraisemblable à se décider, il s’est enfermé lui-même», regrette vivement Julien Dray. «Ce fut une aventure envoûtante, un exercice grandeur nature qui servira pour le coup d’après», présage de son côté Karim Ziabat. Une possible candidature pour le printemps 2027 semble ainsi être déjà envisagée. Toutefois, si Hollande réussit à enthousiasmer certains responsables politiques, nostalgiques de la belle époque du Parti socialiste, rien n’indique qu’il ne finira pas comme Christiane Taubira, qui à vouloir à toute force se présenter à la présidentielle en cours a fini par abandonner, faute de soutiens et avec des scores humiliants dans les sondages. Elle est pourtant l’une des personnalités de gauche les plus plébiscitées. Que dire alors d’un François Hollande qui est accusé par nombre de ses anciens collègues et par les médias d’être l’un des principaux fossoyeurs du PS et qui, dans un récent sondage, ne récolte que 2 % d’adhésion auprès du public.

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