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mardi 27 septembre 2022

Retards de traitement et de diagnostic: Les malades du cancer, victimes collatérales du coronavirus

La crise sanitaire du coronavirus a eu des conséquences fâcheuses sur les malades du cancer. En plus des retards de traitement, ces patients doivent faire face aux reports d’opérations, et parfois de chimiothérapies et de radiothérapies. Médecins et oncologues tirent la sonnette d’alarme quant aux prises en charge tardives des malades.

Par Louisa A. R.

Chaque année, le mois d’octobre est un mois consacré à la sensibilisation au cancer du sein, afin d’attirer une plus grande attention sur la maladie. À l’occasion de l’opération «Octobre rose» cette année, les oncologues alertent sur les conséquences de la prise en charge tardive des patients atteints de cancer en raison de la pandémie de Covid-19. Les retards ont été considérables, étant donné la fermeture des cabinets de radiologie et la peur d’aller consulter. La priorité était accordée aux malades atteints de Covid-19. Les inquiétudes des médecins portent d’abord sur le dépistage, étape essentielle pour la prise en charge d’un patient. Un grand retard a été accusé dans la réalisation des examens de dépistage précoce (mammographie), en raison, explique Dr Amina Abdelouahab, sénologue à l’Etablissement hospitalier spécialisé de cancérologie Pierre et Marie Curie d’Alger, de l’absence des moyens de transport et de la crainte de contracter le coronavirus dans les centres d’imagerie médicale qui reçoivent également des patients Covid-19. En dépit du cadre organisationnel tracé par les pouvoirs publics en vue de l’amélioration de la prise en charge du cancer, la spécialiste estime que la pandémie a entravé, dans une large mesure, cette prise en charge.La même spécialiste a fait état, d’autre part, de la hausse des cas de cancer du sein, passant de 300 cas en 1995 à 14 000 nouveaux cas en2020. Un chiffre appelé à augmenter en 2025, déplore Dr Amina Abdelouahab qui relève que la majeure partie des cas qui se présentent aux soins, à l’heure actuelle, sont à un stade très avancé et incurable de la pathologie, rendant la prise en charge pénible. A ce propos, la sénologue a appelé à la nécessité de sensibiliser la société quant à l’impératif de se débarrasser des mentalités «archaïques» qui dédramatisent la dangerosité de cette pathologie létale, ce qui entraîne un retard en termes de dépistage précoce et de prise en charge et le décès de femmes à la fleur de l’âge. Dr Abdelouahab a insisté également sur le rôle du médecin et des médias, tous supports confondus, dans la sensibilisation pour réduire la prévalence de ce fléau qui a atteint des niveaux «alarmants», d’autant que cette maladie touche des femmes dont la moyenne d’âge est inférieure à 45 ans, alors que les Européennes en sont atteintes à l’âge de 60 ans et plus. Outre les facteurs de l’âge, l’hérédité, les hormones, et les rayons X qui favorisent le risque d’avoir ce type de cancer, il y a aussi d’autres facteurs tels que l’environnement, l’obésité, la mauvaise alimentation, la dépendance au tabac et le manque de mobilité, a-t-elle ajouté.La présidente de l’Association d’aide aux cancéreux «El Amel», Hamida Kettab, a déploré aussi la situation épidémiologique qui a empêché les malades d’effectuer des séances thérapeutiques et causé la détérioration de leur état de santé, voire aussi la réduction des chances de leur guérison. Elle a également regretté les pénuries de certains médicaments essentiels destinés au traitement du cancer depuis l’apparition de la pandémie. Concernant les espacements des rendez-vous pour la radiothérapie, un problème qui se pose toujours au niveau des centres Pierre et Marie Curie d’Alger et de Blida, l’intervenante a affirmé que ce problème sera réglé après l’application effective de la plateforme numérique lancée par le ministère de la Santé.


L. A. R.

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