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mercredi 30 novembre 2022

Ressources forestières et nappe alfatière : La DGF va lancer deux études d’évaluation

Des études d’évaluation et d’inventaire des ressources forestières nationales et de réhabilitation de la nappe alfatière seront lancées incessamment afin d’actualiser les données qui datent de plus d’une décennie, a indiqué à l’APS le directeur général des forêts (GDF), Ali Mahmoudi.
«Ces deux études qui seront confiées de gré à gré au Bureau national d’études pour le développement rural (Bneder) sont nécessaires car elles permettront d’actualiser les données de la DGF», a affirmé M. Mahmoudi, faisant observer que le dernier inventaire sur le patrimoine forestier national et de la nappe alfatière remonte à 2008.
La première étude, intitulée «l’inventaire forestier national» concerne l’évaluation de tout le patrimoine forestier, depuis la strate arborée jusqu’à la strate herbacée. Selon le DGF, cette étude «revêt une grande importance car elle permettra, à partir des nouvelles données mises à jour, de concevoir une gestion rationnelle et durable de ce patrimoine, surtout avec l’ouverture des massifs forestiers à l’investissement».
Quant à la seconde étude, elle concerne l’évaluation des potentialités de la nappe alfatière et les possibilités de relancer cette filière à forte valeur ajoutée. Effectivement, cette étude porte sur l’élaboration d’un plan d’action de réhabilitation des nappes alfatières à travers la délimitation des surfaces de cette espèce et la classification des nappes alfatières, selon les explications du M. Mahmoudi.
A ce propos, le DGF a affirmé que l’alfa fait partie des produits forestiers non ligneux (produits forestiers en dehors du bois), qui peuvent «grandement» contribuer à l’économie nationale.
Il rappelle, à ce propos, qu’auparavant ce produit alimentait l’usine à pâte à papier qui existait à Mostaganem, mais cette filière a connu une baisse drastique depuis les années 1970.
Abondant dans le même sens, Houari Djardini, de l’Inspection générale de la DGF, a fait constater que la production alfatière nationale a régressé de 99 % sur une période d’environ 45 ans. «La production est passée de 91 645 tonnes par an en 1963 à 956 tonnes par an en 2007, actuellement elle ne dépasse guère les 400 tonnes», a-t-il argué.
M. Djardini attribue ce déclin principalement à la désaffection des opérateurs chargés de la récolte et à la raréfaction de la main-d’œuvre en raison de la pénibilité du travail d’arrachage et l’absence d’industriels demandeurs de cette matière première.
«Les quantités récoltées par les riverains sont utilisées pour la vannerie», a-t-il noté, rappelant que cet artisanat pratiqué en Algérie depuis des siècles utilise les fibres végétales de l’alfa pour la confection des ustensiles de cuisine et des couffins et paniers notamment.
Interrogé sur la superficie globale de ce patrimoine, le responsable à la DGF a indiqué que les nappes alfatières s’étalent sur près de 3,8 millions hectares, dont 2,7 millions hectares sont considérés comme productifs.
S’agissant de la possibilité d’utiliser les machines agricoles pour l’arrachage en vue d’optimiser la récolte, il a souligné que la mécanisation risque de fragiliser ces nappes en provoquant l’érosion éolienne et une avancée de sable.
«Outre son importance économique, l’alfa est d’une grande importance écologique, de par son rôle dans la fixation du sol d’où l’intérêt pour nous de protéger cette plante», a-t-il soutenu.
Selon la FAO, l’Algérie qui veut tirer profit davantage de ses ressources en produits forestiers non ligneux (PFNL), recèle une richesse végétale variée avec près de 1 800 plantes intéressantes à développer, dont 640 espèces très rares.
Mahi Y.

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