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lundi 6 février 2023

Résistances anticoloniales à Béjaïa: Journées d’étude sur le résistant Cherif «Boubaghla»

«Les révoltes populaires : matrice de la guerre de Libération nationale» est le thème choisi par l’APC de Tazmalt pour commémorer le168e anniversaire de la mort de Mohamed Lemdjad Ben Abdelmalek dit Cherif Boubaghla ou «l’homme à la mule».

Par H. Cherfa
Les activités ont été abritées par la maison de jeunes de la ville. Ces journées d’étude ont, en effet, été consacrées au combat de ce héros de la résistance algérienne (1851-1854) à la colonisation française (1951-1954), tombé au champ d’honneur le 26 décembre 1854 au village Ikharvane, dans la municipalité de Tazmalt. Ces journées ont été marquées par plusieurs conférences et la diffusion d’un film documentaire intitulé «Ath M’likeche, histoire et patrimoine», réalisé par Idir Azeradj et la déclamation de poèmes par la poétesse Mlle Merabtine et le poète Malek Houd, dédiés à ce combattant qui a férocement repoussé la conquête coloniale. La première journée a été marquée par deux conférences, la première animée par Abdessetar Ouatmani qui est revenu sur les différentes étapes de «La révolte de Boubaghla», faisant le lien avec les révoltes antérieures dont celles de l’Emir Abdelkader et Ahmed Tayeb Bensalem, la seconde par le Professeur d’histoire Ali Bettache sur «les conditions du déclenchement de la révolte de l’homme à la mule». Pour sa part, Farid Atik est intervenu pour mettre en exergue le rôle de la religion, dont la tariqa errahmania, qui a été l’un des éléments essentiels ayant conduit ces héros, dont Boubaghla et d’autres résistants tels que Cheik Belhaddad, El-Mokrani, Ahmed Tayeb Bensalem, à gagner en notoriété et à organiser des résistances anticoloniales. Nordine Zerkaoui a développé dans son exposé la résistance en Kabylie et El Mokrani comme exemple et Idir Hachi a parlé des soubassements des résistances populaires de 1871, alors que l’écrivain Rachid Oulebsir a développé le thème «Ath M’likeche, jalons historiques et patrimoine». Les journées d’étude ont été marquées par l’inauguration de la plaque commémorative et un dépôt de gerbes de fleurs, par une délégation de la wilaya, au pied de la nouvelle stèle réalisée à l’effigie du résistant. Le conférencier Ali Bettache a estimé que «la guerre de Libération nationale n’est pas arrivée par hasard, mais est bien le résultat des résistances populaires qui ont lieu un peu partout, surtout en Kayblie». Selon lui, «il est nécessaire de rapprocher ces insurrections et ces espaces afin de mieux comprendre l’histoire, donc les valoriser et les mettre en exergue en faveur des générations futures». D’autres conférenciers se sont relayés pour mettre en lumière ce pan de l’histoire moderne de la région et du pays qu’«on a tendance à ignorer». Venu de l’ouest du pays, Mohammed Al Amdjeb Ben Abdelmalek, surnommé Cherif Boubaghla, a organisé la résistance anticoloniale en terre d’accueil où il était venu se réfugier. Selon les conférenciers, Boubaghla est arrivé à Sour El Ghozlane, au sud-ouest de Bouira, vers 1849 et s’est installé auprès des Ath Abbas aux confins nord des Bibans, puis auprès des Ath Mlikech sur le flanc sud du Djurdjura, dont il a fait le point de départ et la base arrière de sa résistance en sollicitant l’aide des tribus pour constituer son armée. Il réussit à convaincre et faire rallier certains des notables. Il mena ensuite plusieurs batailles grâce à la mobilisation des populations autochtones qui rallièrent sa cause. Il mena pendant 4 années des batailles durant lesquelles il croisa le fer avec l’armée française à laquelle il infligea plusieurs défaites avant d’être blessé et capturé lors d’une bataille à Ikharvane, commune de Tazmalt, dans la vallée de la Soummam le 26 décembre 1854.
H. C.

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