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jeudi 30 juin 2022

Réputation

Violemment accusé la semaine dernière d’avoir trahi la France par son prédécesseur Malcolm Turnbull, l’actuel Premier ministre australien, qui est empêtré depuis deux mois dans la crise des sous-marins, s’est aujourd’hui justifié une nouvelle fois. Le premier ministre australien, Scott Morrison, a ainsi assuré hier n’avoir jamais menti dans sa vie publique, et a estimé avoir le cuir assez épais pour affronter les accusations de malhonnêteté venant notamment d’Emmanuel Macron. Le président de la République a récemment accusé le chef du gouvernement australien de lui avoir ouvertement menti au sujet d’un contrat de 55 milliards d’euros portant sur douze sous-marins, abandonné sans avertissement en septembre. La France a découvert au dernier moment que l’Australie avait négocié en secret un accord sur des sous-marins à propulsion nucléaire avec les États-Unis et le Royaume-Uni. « Je sais » que Scott Morrison m’a menti, a affirmé Emmanuel Macron à des journalistes australiens au début du mois. Le prédécesseur et rival au sein du Parti libéral de Scott Morrison, Malcolm Turnbull, a continué à alimenter la controverse en assurant que Morrison avait la réputation de mentir. La sincérité du premier ministre est devenue un sujet de débat majeur sur la scène politique australienne et une faiblesse éventuelle pour Morrison, qui pourrait briguer un deuxième mandat lors des élections de mai prochain. Mais il a balayé la question: « J’ai appris dans la vie publique, sur une longue période, à ne pas avoir le cuir trop fin ». Le chef du gouvernement assure que ces accusations ne l’ont pas perturbé et qu’il était certain d’avoir pris la bonne décision en rompant l’engagement sur les sous-marins français afin d’assurer la défense nationale de son pays. « Je n’étais pas impressionné par le fait que cela pouvait déranger certaines personnes et froisser certaines susceptibilités », a-t-il insisté, soulignant que la technologie américaine de sous-marins à propulsion nucléaire n’avait pas été partagée avec un autre pays depuis 1958 et un accord avec le Royaume-Uni. Toutefois, si Morrison ne regrette pas sa décision il est englué dans cette crise depuis deux mois déjà et n’arrive pas à tourner la page se voyant constamment renvoyé à cet épisode qui plombe sa fin de mandat. Reste à voir si les français continueront à lancer des piques de temps à autres dans les semaines et les mois qui viennent pour se venger de la trahison dont ils s’estiment victimes ou s’ils laisseront la situation se tasser et passeront à autre chose pour le bien de leurs relations avec Canberra.

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