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vendredi 17 septembre 2021

Reprise des relations entre la RASD et le Pérou : Une nouvelle victoire pour la cause sahraouie

La cause sahraouie vient d’enregistrer une nouvelle victoire, jeudi dernier, à la faveur de la reprise des relations diplomatiques entre la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et le Pérou, rompues depuis 1996, du temps du régime autoritaire et corrompu de l’ancien président Alberto Fujimori.

Par Moncef G.

«Les gouvernements de la République du Pérou et de la République arabe sahraouie démocratique, et conformément aux principes et aux objectifs énoncés dans la Charte des Nations et aux dispositions de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, sont convenus le 8 septembre 2021 de rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays», annoncent jeudi les deux pays dans une déclaration conjointe, réaffirmant «leur respect du droit international et du principe d’autodétermination des peuples».
Le Pérou qui a reconnu la RASD en 1984 sous le mandat du président Fernando Belaunde, a rompu 12 ans après ses relations avec la République sahraouie durant le règne d’Alberto Kenya Fujimori, un totalitariste, et 10 anciens chefs d’Etats les plus corrompus des années 1980 et 1990, selon Transparency International.
Il s’agit selon des observateurs d’un «gel de relations et non pas d’un retrait de reconnaissance, tel qu’annoncé en grande pompe par le régime marocain, car expliquent-on la reconnaissance d’un Etat est irréversible selon le droit international.
A l’époque Fujimori, influencé par son conseiller Vladimiro Montesino, acquis aux thèses du Makhzen, avait décidé de ce gel des relations moyennant une contrepartie financière, avaient, alors, révélé des sources péruviennes à Lima.
Le premier ambassadeur sahraoui a présenté ses lettres de créances en 1986 au président Alan Garcia, il a été reçu par le chancelier ambassadeur Allan Wagner.

L’achat de conscience, pratique courante du Makhzen
L’achat de conscience et le recours à la corruption pour acheter des voix de certains Etats est une pratique courante chez le régime marocain.
Le dernier cas en date est celui de l’ancien ministre des Affaires étrangères du Royaume de Lesotho, Lesego Makgothi qui a décidé en décembre 2019 de suspendre, contre la volonté de son pays, «toutes les décisions et déclarations antérieures en faveur du Sahara occidental», évoquant le maintien d’une soi-disant «neutralité» vis-à-vis des parties au conflit.
Lesego Makgothi a été désavoué quelques mois après par la nouvelle cheffe de la diplomatie du Lesotho, Mme Nats’epo Ramakoae, qui dans une déclaration vidéo, a réitéré la position historique de son pays en faveur de la décolonisation du Sahara occidental.
Makgothi a été poursuivi pour «corruption» avec d’autres fonctionnaires du ministère, d’après des sources gouvernementales. Il a été soupçonné notamment d’avoir reçu des «récompenses monétaires pour avoir annoncé une soi-disant neutralité concernant la question sahraouie».
D’après le journal Lesotho, le secrétaire principal du ministère des Affaires étrangères du Lesotho (le colonel à la retraite Tanki Mothae) a été prié de libérer des fonctionnaires de son ministère pour les besoins de l’enquête en cours.
La police avait interrogé trois hauts fonctionnaires du ministère. Entre autres motifs, la police voulait que les trois fonctionnaires fassent la lumière sur les arrangements de voyage de M. Makgothi au Maroc où il a annoncé unilatéralement «la neutralité du Lesotho», selon la même source.
Le Maroc a recouru également à la corruption pour tenter d’acheter des voix et l’adhésion de certains pays africains à ses thèses, en les encourageant à ouvrir des consulats sur les territoires occupés sahraouis.
Selon le site marocain en ligne, le Desk, «pas moins de 16 pays, principalement africains, avaient ouverts des représentations diplomatiques à Laâyoune et à Dakhla occupés en contrepartie d’aides financières ou matérielles».
M. G.

 

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