10.9 C
Alger
samedi 24 février 2024

Reprise de la guerre à Ghaza mais sous un jour nouveau

 

Après une pause dite humanitaire de sept jours exactement, les hostilités ont repris dans Ghaza ce vendredi à la première heure, tant au nord qu’au sud de l’enclave, alors que tout laissait penser qu’au contraire c’est une prolongation de la trêve, et même une de plus longue que les précédentes, qui était l’hypothèse la plus plausible. La veille, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken était à Tel-Aviv en train de discuter, âprement s’il faut en croire des médias israéliens abondamment repris à cet égard, avec les principaux responsables israéliens, à qui il aurait cherché à faire comprendre qu’ils ne pouvaient faire dans le sud ce qu’ils avaient déjà accompli dans le nord de Ghaza. Il leur aurait même dit à un certain moment du conseil de guerre auquel ils participaient tous que leur devoir était de se battre comme une démocratie, non comme un groupe terroriste. Ce qui laisse clairement entendre qu’en fait ils avaient agi en terroriste tout au long des 55 jours déjà passés, et que cela était plus que suffisant. N’est-ce pas extraordinaire que le représentant du pays sans l’aide duquel Israël est condamné à plus ou moins brève échéance en vienne à s’exprimer de cette façon à l’adresse de son allié et protégé, l’appelant à respecter le droit de la guerre, de ne pas faire litière des lois humaines, de ne pas s’attaquer aux civils, de ne pas cibler le personnel onusien, mais sans jamais brandir la menace de mesures de rétorsion dans le cas où ses mises en garde en définitive ne sont pas prises en compte ? S’il n’y avait pas eu la veille de la visite de Blinken le post de Joe Biden disant que la reprise de la guerre était dans l’intérêt du Hamas et de lui seul, on aurait été en droit de douter de la véracité de ces indiscrétions relatives à l’entretien de Blinken avec ses hôtes israéliens. Mais s’il est bien vrai que les Etats-Unis tenaient particulièrement à ce que la trêve se poursuive, d’accord en cela avec les autres médiateurs qu’étaient le Qatar et l’Egypte, et qu’Israël n’en voulait pas, alors il ne faudrait pas s’étonner à ce que cette divergence aient des conséquences sur la deuxième phase de la guerre, qui commence, d’autant plus nettement d’ailleurs qu’Israël se serait remis à commettre les même crimes que ceux d’avant la trêve. Ce n’est pas parce que cela serait insupportable pour l’administration américaine, mais parce que le mécontentement d’une grande partie de l’opinion américaine, démocrate et jeune essentiellement, pourrait lui rendre à terme l’air irrespirable. Sans les crimes d’Israël Biden n’était déjà pas assuré de sa réélection face à un Donald Trump qui lui a le vent en poupe, en tout cas dans les sondages. S’il lui faut en plus subir une révolte interne en raison de son soutien inconditionnel à Israël dans la guerre totale que celui-ci mène contre Ghaza depuis bientôt deux mois, sa défaite en novembre de l’année prochaine aurait tendance à se préciser. Passe encore si l’armée israélienne était vraiment capable de réaliser son principal objectif dans cette guerre, qui est l’élimination de la résistance palestinienne dans Ghaza, mais tout au contraire porte à croire que cela est hors de sa portée. Au moment où la guerre commençait, Israël recevait les témoignages de solidarité d’un grand nombre de pays, au premier rang desquels bien sûr les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux. Il en est autrement aujourd’hui, où même les Etats-Unis ne croient plus en sa victoire, et même s’attendent au pire de sa part.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img