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vendredi 7 octobre 2022

Reprise

Durant des décennies la Turquie et Israël ont entretenu d’excellentes relations commerciales et diplomatiques. Mais en 2007, l’actuel président turc, qui était alors Premier ministre du pays, décidait de rompre ces relations officiellement, pour protester contre le traitement des Palestiniens par les autorités israéliennes. La volonté d’Ankara de nouer de nouvelles alliances commerciales au Moyen-Orient était certainement un facteur important dans la décision de Recep Tayyip Erdogan de rompre avec Tel-Aviv. Aujourd’hui, les relations diplomatiques avec la Turquie ont été totalement rétablies, a annoncé Israël, signant ainsi le retour des ambassadeurs dans les deux pays. «Il a été décidé d’élever le niveau des liens entre les deux pays à des relations diplomatiques pleines et entières et de renvoyer les ambassadeurs et les consuls généraux dans les deux pays», a indiqué le Premier ministre israélien, Yaïr Lapid, dans un communiqué. «Le rétablissement des relations avec la Turquie est un atout important pour la stabilité régionale et une nouvelle économique très importante pour les citoyens d’Israël», a-t-il ajouté. À Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a précisé dans la foulée que la Turquie «n’abandonnerait pas la cause palestinienne». Les relations bilatérales entre Israël et Ankara s’étaient tendues en 2010 avec l’affaire du Mavi Marmara, lorsque des forces israéliennes avaient lancé un assaut meurtrier sur ce navire turc tentant d’acheminer de l’aide à la bande de Ghaza, enclave palestinienne sous blocus israélien. Les deux pays avaient ensuite rappelé leurs ambassadeurs en 2018 après la mort de manifestants palestiniens à Ghaza. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, public défenseur de la cause palestinienne, a souvent critiqué les politiques israéliennes envers les Palestiniens. Israël et la Turquie ont salué récemment un tournant dans leurs relations, avec notamment la visite du président Isaac Herzog en mars en Turquie, la première d’un chef d’État israélien depuis 2007 dans ce pays. Le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, avait effectué fin mai une rare visite à Jérusalem dans le cadre de ce dégel diplomatique. Les relations nouées ces dernières années d’Israël avec de nombreux pays du Moyen-Orient, brisant ainsi un tabou, pourraient aussi avoir convaincu Ankara de franchir le pas et de renouer avec ce qui fut un allié de plusieurs décennies.

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