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mercredi 8 février 2023

Répression

Si les occidentaux étaient disposés il y a encore un an à signer un nouvel accord de coopération avec Téhéran, bien que les négociations avec Washington aient été tendues, aujourd’hui, cela semble bel et bien impossible alors que la répression des manifestations pro-liberté en Iran continuent à faire des scentaines de morts. En effet, la répression des manifestations déclenchées en Iran par la mort le 16 septembre de la jeune Mahsa Amini après son arrestation par la police des mœurs a fait au moins 448 morts, a indiqué cette semaine un groupe de défense des droits humains. Le bilan ne comprend que les citoyens tués dans la répression et non les membres des forces de sécurité. Sur les 448 personnes dont le décès a été confirmé, 60 étaient âgés de moins de 18 ans dont neuf filles, et 29 femmes, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège. Seize personnes ont été tuées par les forces de sécurité au cours de la semaine écoulée, dont 12 dans des zones peuplées par la minorité kurde où les manifestations ont été particulièrement importantes. Le bilan est monté notamment après la vérification des décès signalés au cours des semaines précédentes, souligne l’ONG. Plus tôt mardi dernier, les autorités iraniennes ont pour la première fois fait état de la mort de plus 300 personnes dans les troubles depuis la mi-septembre, un bilan dans lequel figurent des dizaines de membres des forces de l’ordre tués dans des affrontements avec les manifestants ou assassinés, selon Téhéran. Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a décidé jeudi dernier, malgré l’opposition de Téhéran et de Pékin, d’ouvrir une enquête internationale sur la répression des manifestations. « Les autorités de la République islamique savent très bien qu’une coopération de leur part avec la mission d’établissement des faits de l’ONU, révélerait des crimes à plus grande échelle », a déclaré le directeur d’IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam. « C’est pourquoi une non-coopération de leur part est prévisible », a-t-il ajouté. Mahmood Amiry-Moghaddam a indiqué que plus de la moitié des décès avaient été enregistrés dans des régions peuplées par les minorités ethniques sunnites baloutches ou kurdes. Le plus grand nombre de morts a été enregistré dans la région du Sistan-Baloutchistan (sud-est), où 128 personnes ont été tuées après des manifestations non liées au mouvement de contestation déclenché par le décès de la jeune kurde iranienne Mahsa Amini, même si elles ont nourri la colère contre le pouvoir à travers le pays, selon l’ONG. Après cela, le plus grand nombre de décès a été enregistré dans les provinces occidentales du Kurdistan, peuplé de Kurdes, et de l’Azerbaïdjan occidental, où 53 et 51 personnes ont été tuées respectivement, a-t-on ajouté de même source. Il faudra donc plusieurs années à l’Iran pour faire oublier à l’Occident le sang versé des opposants au régime islamique. L’Accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, qui avait durant trois ans changé la vie du peuple iranien, n’est aujourd’hui qu’un lointain souvenir que le régime des ayatollahs semble avoir définitivement balayé en choisissant de recourir à une féroce violence contre les manifestants qui ne demandaient que plus de liberté.

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