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dimanche 14 août 2022

Renoncement

Si à droite l’on parle surtout des candidats Valérie Pécresse et Xavier Bertrand pour les présidentielles de 2022, d’au-tres candidats se sont toutefois lancés dans la course à l’Élysée. Même s’ils sont beaucoup moins médiatisés et surtout moins prit au sérieux, personnes n’envisageant leur possible victoire à l’issue du congrès LR de décembre prochain lors duquel sera désigné le candidat officiel du parti, ils tentent néanmoins de se distinguer. Parmi ceux-là, Michel Barnier, qui fut ministre de Jacques Chirac et qui officie depuis des années au sein de l’Union européenne lui conférant l’image d’un homme sérieux et expérimenté sur les sujets difficiles et techniques. Mais surtout ses longues années passé à Bruxelles font de lui l’une des personnalités politique les plus respectée au sein des instances européennes. En mars dernier, à la fin de son mandat s’est sous les éloges de ses alliés et de ses adversaires qu’il quittait Bruxelles, tous participant ensemble à l’hommage fait au français, par deux fois commissaire et européen convaincu. A 70 ans passés, il partait sur un succès, après avoir mené à terme, au nom des Vingt-Sept, les très difficiles négociations sur le Brexit avec Londres. Moins de six mois plus tard, le même Michel Barnier, qui a semé la consternation parmi ses plus fidèles soutiens dans la sphère européenne. En effet, à l’occasion des journées parlementaires des Républicains à Nîmes, ce gaulliste social revendiqué s’est en effet attaqué aux fondements mêmes de cette Union européenne qu’il sert avec loyauté depuis des années. «Il faut retrouver notre souveraineté juridique» sur la question des migrations, a-t-il lancé à l’auditoire, et ne pas être «menacés en permanence d’un arrêt ou d’une condamnation de la Cour de justice européenne ou de la Convention des droits de l’homme, ou d’une interprétation de notre propre institution judiciaire». En substance, a résumé sa formation politique dans un tweet, Michel Barnier ne veut plus que les français soient «soumis aux arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne ou de la Cour européenne des droits de l’homme». «Comment une telle phrase peut-elle avoir été prononcée par un européen aussi engagé ?», s’est immédiatement demandé le secrétaire d’État aux affaires européennes, Clément Beaune. La prestation de Barnier a en tout cas alimenté les conversations des ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’UE, qui déjeunaient ensemble peu après la sortie de Barnier dans la capitale de la Slovénie, Ljubljana. «Il va plus loin que les Polonais, qui contestent la primauté du droit européen ponctuellement ! Il vient de casser l’image qu’il s’était lui-même construite. Pas sûr que ce soit payant politiquement !», constate l’un d’eux. A Bruxelles, même ses anciens collaborateurs ne cachent pas leur déception. «On est tous atterrés», confie un haut fonctionnaire européen, «c’est un naufrage, un pacte faustien». Ainsi, après avoir suivi une politique éminemment européenne depuis de longues années, et être même devenu l’un des technocrates les plus fiable de l’UE, Barnier voyant la tendance anti-européiste des électeurs de droite a semble-t-il décidé de suivre le pas pour ne pas être ignoré par les électeurs LR qui ont à cœur les questions de souveraineté, de sécurité et surtout d’immigration. Des questions souvent incompatibles avec la mainmise de Bruxelles sur les politiques des nations et qui seront un enjeu majeur pour désigner le candidat LR pour 2022, mais aussi et surtout durant la campagne présidentielle.

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