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mardi 26 octobre 2021

Rencontre gouvernement-walis: Tebboune adopte le ton de la fermeté

Il a pratiquement mis sur la table toutes vérités de l’heure, notamment les préoccupations auxquelles sont confrontés les walis, ainsi que les cadres de la République.

Par Karim Allem

Le discours de Abdelmadjid Tebboune qui a présidé les travaux de cette rencontre gouvernement-walis organisée ce samedi au Palais des Nations sous le thème «relance économique, équilibre régional et justice sociale» aura tranché par ces réponses sans équivoque qu’il livrera spontanément à l’assistance. Faisant dans l’autocritique objective, Tebboune fait un état des lieux sur les engagements de développement et les multiples projets inscrits dans son programme des 54 engagements et qu’il avait soumis à exécution aux responsables régionaux et walis. Désormais, laisse-t-il entendre, il ne peut subsister aucun motif objectif qui plomberait la relance économique, car si la lutte contre la corruption est toujours au programme, la protection des cadres de l’Etat a été concrétisée à travers «une ordonnance qui dépénalise l’acte de gestion» rappelle le Président. Rassurant, le Président déclare que toutes les dispositions légales ont été prises afin que les responsables locaux ou les cadres supérieurs travaillent dans un climat serein, débarrassé de toutes ces suspicions qui plombaient la prise de décision. Preuve en est, les lettres de dénonciation anonymes» sont interdites. Nulles et non avenues. Elles ne peuvent en aucun cas déclencher une quelconque enquête. Car nous savons ce que ce genre de pratiques peut provoquer comme dégâts et décourager la prise de décision au détriment de l’intérêt national» souligne Tebboune. Il ajoute que la dépénalisation de l’acte de gestion tel que prévu désormais par la loi est suffisant pour permettre à tous les responsables de se libérer de ces craintes qui ne peuvent plus être justifiées. «Nous savons faire la différence entre une erreur, une incompréhension des textes ou une faiblesse et l’intention réelle de nuire ou de corruption» soutient le Président de la République qui a manifesté une totale maîtrise des facteurs ayant conduit au ralentissement de certains projets. Rien ne s’oppose à ce que le wali joue son rôle de facilitateur de l’investissement en ouvrant les portes aux opérateurs pour les accueillir et les soutenir. «Nous savons quand la suspicion est avérée. Un cadre qui se paye une villa ou un bien immobilier à l’étranger, six mois après sa prise de fonction, là, oui, il y a matière à suspicion» souligne Tebboune qui indique que désormais les cadres locaux sont protégés par la loi et soustraits des centres d’influence. Il est désormais interdit d’ouvrir la moindre enquête visant un cadre local sans l’accord préalable de la tutelle centrale a fait savoir Tebboune, pour convaincre les walis et les mettre à l’abri des intimidations ou autres marchandages pouvant émaner des pouvoirs locaux. Le Président de la République a donc balayé toutes ces entraves susceptibles de maintenir ce climat de psychose, la peur des poursuites judiciaires que manifestent les walis face à tous les dossiers d’investissement soumis à leur signature. «Aujourd’hui nous nous rencontrons pour la troisième fois afin de faire une évaluation sur ce qui a été réalisé et ce qui ne l’a pas été sur cette série d’engagements que nous avons pris envers le peuple ». C’est ainsi que Tebboune inaugure ces travaux, non sans rappeler les dégâts causés par la pandémie et qui a contraint les autorités à prendre des mesures sanitaires parfois économiquement coûteuses. Il rappellera néanmoins que malgré «ce que nous avons subi comme pertes suite au variant delta du Covid, nous devons tirer enseignements de cette crise» et à ce titre « je demande aux walis d’aider les hôpitaux à produire leur propre oxygène». Revenant sur l’importance de la relance économique, il dira qu’il est indispensable de muter d’une économie de la rente et de la consommation à une économie de la connaissance et de la production. «On va mobiliser toutes les énergies pour la création de richesses et des emplois. Notre économie est faible. Sous développée et déstructurée, car basée sur l’importation en plus des dysfonctionnements sectoriels» lance Tebboune qui s’est voulu franc dans son constat, mais ambitieux quant aux clés à proposer. Pour la première fois depuis l’indépendance « nous avons réussi à avoir une visibilité, notamment dans les circuits du commerce. On a stoppé ces importations qui constituaient une menace sur la production locale» et d’ajouter, par ailleurs, « il y a des indices d’espoir. Des Algériens qui travaillent et qui méritent toute la reconnaissance «. Ainsi, Tebboune fera savoir à l’assistance que jusqu’ici et « c’est la première fois qu’un tel chiffre est atteint. L’Algérie a exporté pour 3 milliards 100 millions de dollars de produits hors hydrocarbures. Ce chiffre n’avait jamais dépassé le 1 milliard 800» .
Il est attendu que l’on arrive à 4 milliards de dollars à la fin de l’année, selon Tebboune qui se félicite d’une prouesse inédite en la matière. Toujours au chapitre des points forts du pays, le Président de la République frappe du poing sur la table et martèle avec force « l’Algerie est une puissance. Un Etat fort. Une puissance régionale. Reconnue de tous» et de dénoncer ceux qui jouent aux défaitistes et qui minimisent le statut de l’Algerie . « C’est une question de dignité «. Tebboune accuse certaines parties de tenter de dévaloriser la place de l’Algerie et son statut de force reconnu. « C’est un pays qui produit plus de 250 000 universitaires chaque année», rappelle-t-il. « L’Algerie est une locomotive et non pas un simple wagon de n’importe qui». Il insistera sur la valeur des ressources humaines dont dispose le pays et sur la nécessité de sortir de cet immobilisme. Le Président annonce que « pour la première fois l’équilibre de la balance des paiements va être réalisé vers la fin de cette année. Au niveau du social, il rappellera que l’Etat maintiendra cette dimension et sera présent pour les bas revenus et les jeunes.
K. A.

Quelques chiffres et points soulevés par le Président :
– Cette rentrée scolaire nous a permis de relever que 537 écoles sont sans transport. 817 écoles sans cantine. Situation qui doit être corrigée en urgence indique Tebboune.
– Nous sommes un État social et rien ne changera sur ce point.
– La situation difficile dans les zones d’ombre doit disparaître à la fin de l’année.
– Il est temps de capitaliser l’esprit de solidarité citoyenne
– Une loi pour criminaliser les opérations de spéculation sur des produits de première nécessité.
– Certains ont essayé de déstabiliser le pays à travers la propagande et les fake news. Des rumeurs sur la pénurie de blé, farine etc…pour provoquer un état de panique .
– L’autorité de l’Etat doit revenir. Autorité de l’Etat signifie autorité du peuple.
– Un Etat de droit est un État fort. Un Etat faible ne peut engendrer que l’anarchie. L’Etat de droit est la base de la démocratie.
– Les dernières législatives ont permis de détecter pas moins de 750 candidats financés par l’argent sale de la issaba . Intrusion déjouée. 500 de ces candidats appartiennent à deux partis politiques.

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