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vendredi 7 octobre 2022

Relevant une stabilité relative des contaminations: Dr Derrar n’écarte pas l’apparition de mutations plus dangereuses

Le directeur général de l’Institut Pasteur, Fawzi Derrar, n’écarte pas l’apparition de mutations plus dangereuses : «Le variant Delta est un avertissement qui doit inciter à agir vite avant l’apparition de mutations plus dangereuses dans les prochains mois», dira-t-il.

Par Louisa Ait Ramdane

Le léger recul du nombre quotidien des cas de contamination au Covid-19 ne veut en aucun cas signifier un retour à la normale. Selon le DG de l’Institut Pasteur, «il est fort possible que l’Algérie enregistre de nouvelles souches du coronavirus dans les prochains mois». La baisse des cas de contamination ces derniers jours «nous incite à poursuivre les efforts pour limiter la propagation de l’épidémie», dira Dr Fawzi Derrarn lors de son passage à la chaîne privée Ennahar TV.
Le pic de la troisième vague est-il atteint ? Dr Derrar a affirmé que «personne ne peut prévenir le pic épidémique qui intervient généralement lorsqu’il y a un grand nombre de contaminations», relevant, dans le même contexte, que l’Algérie «connaît actuellement une période de stabilité relative».

«90 % des tests PCR effectués sont positifs»
Mais il a aussi tenu à relativiser la situation et même prédit une «baisse pour les semaines à venir, en termes de contaminations par le variant Delta, si bien sûr les citoyens adhèrent aux dernières mesures de confinement sanitaire».
Concernant les tests PCR effectués durant les dernières semaines, Dr Derrar a indiqué qu’actuellement 90 % des échantillons testés sont positifs, alors qu’avant seuls 10 à 20 % sont détectés. Cela est dû, selon lui, à la propagation rapide du variant Delta.

Senhadji suggère de mettre en place des espaces externes dédiés au Covid
En prévision d’une 4e vague, «il serait temps de mettre en place des infrastructures externalisées, des espaces dédiés spécialement au Covid dans les plus brefs délais, car nous n’avons pas assez vacciné», a préconisé le Pr Senhadji, affirmant qu’il vaudrait mieux le faire dans une situation d’accalmie.
Le président de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, Pr Kamel Senhadji, a expliqué, dans ce sillage, qu’il aurait été adapté de mettre en place 4 grands centres, comme à la Safex, pour «pouvoir drainer toute cette pathologie Covid, dans ces conditions d’urgence, pour l’externaliser». «On aurait pu équiper ces centres, isolés sous forme de petits boxes en les compartimentant, et mettre ainsi des milliers de lits, la tuyauterie en cuivre pour faire passer l’oxygène et adosser à cette structure une centrale de production d’oxygène, et il n’y aura pas de problème de camions, de bouteille ni de problème d’accession au site», a-t-il soutenu sur les ondes de la Radio nationale.
Insistant sur une vaccination de masse, il dira : «Nous allons probablement affronter encore une nouvelle vague, il y aura donc le paramètre du vaccin s’il est déployé en masse, il pourrait peut être contré cette course du virus». Evoquant les vaccins chinois et russe, le Pr Senhadji assure que même s’ils n’étaient pas homologués par l’Agence européenne, pour des raisons que l’on pourrait imaginer, ils sont «efficaces, sans aucun doute». «Ces vaccins, avec leur taux de protection et d’efficacité, pourraient être à l’origine d’une immunité collective importante, nous permettant ainsi de sortir de cette crise», a-t-il estimé.
Revenant sur la variant Delta, il a indiqué que vu son profil, il serait important que le ministère de la Santé puisse redéfinir la catégorie à vacciner pour inclure les jeunes, y compris les enfants. «Il revenait au ministère de la Santé de mettre en place les outils de riposte avec une stratégie, puisque ce département est ‘’pleinement’’ responsable de la santé du citoyen», a-t-il ajouté.
Concernant la vaccination des personnes ayant déjà contracté le virus, il a indique qu’il avait préconisé en haut lieu (président de la République) à ce que cette catégorie ne reçoive qu’une seule dose sous forme de rappel.
Invité de la rédaction de la Chaîne 3, il a expliqué qu’il y avait un protocole utilisé par un certain nombre de pays européens et qui consiste à vacciner les personnes ayant eu déjà une contamination par le Covid-19 avec une seule dose jouant le rôle de rappel. S’agissant d’un éventuel retour à un confinement total, il dira qu’il s’imposerait de lui-même quand la santé du citoyen est compromise «dangereusement», relevant par ailleurs que c’est dans ces situations «difficiles à l’extrême qu’on est forcé de trouver des solutions».
Evoquant les missions de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, ce spécialiste fera savoir que des rapports étaient transmis régulièrement au président de la République.
Le Pr Senhadji a relevé que son agence a réuni, depuis samedi, les experts et les spécialistes dans tous les domaines. «Nous avons mis en place une espèce de cartographie de la situation actuelle, où un diagnostic précis a été fait par rapport à ce problème d’oxygène, de vaccination, de réanimation et de prise en charge des malades. Ce groupe d’experts est en train de travailler sur la mise en place d’une stratégie qui sera mise à la disposition du président de la République en lui proposant les différentes actions par rapport à tous ces éléments qui ont été diagnostiqués sur la situation que nous vivons actuellement», a-t-il indiqué.
L. A. R.

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