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vendredi 20 mai 2022

Réformes du secteur de la presse nationale : Un arsenal juridique pour assurer une information efficace et responsable

Accès à l’information, définition des critères d’attribution de la publicité, assainissement du secteur des intrus au métier, assurer la transparence des sources financières… Ce sont-là autant de propositions émises par des journalistes conviés à une rencontre, première du genre, par le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, pour participer à l’enrichissement des projets de loi relatifs aux sites d’information électroniques et au métier de journaliste.

Par Louisa A. R.

Les journalistes et responsables de presse ont insisté sur la révision des articles de loi constituant des « obstacles » pour la pratique de la profession. Il est question selon eux, de préparer un arsenal juridique qui permette de relever les défis actuels et futurs, tout en mettant en avant l’impératif de « renoncer au monopole dans le secteur des médias ». Ils ont insisté à cet effet, sur la nécessité de promouvoir davantage les sites d’information électroniques pour leur permettre de contrer les campagnes médiatiques malveillantes ciblant l’Algérie. L’impératif de renforcer la communication institutionnelle et faciliter l’accès à l’information ont été aussi mis en exergue par les participants qui ont proposé de travailler à l’élaboration d’une définition « claire » du journaliste professionnel et d’encourager la formation des journalistes, notamment par la création d’organismes de formation au niveau des institutions médiatiques tant publiques que privées. Les participants ont insisté également sur l’assainissement du secteur médiatique des « intrus dans la profession » qui ont fleuri comme des champignons ces derniers temps et sans véritables équipes rédactionnelles. Le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani a reconnu à cet effet, l’existence d’un nombre important d’intrus dans la presse ayant bénéficié de la carte nationale professionnelle. Le ministre qui parle de mutations profondes et rapides, évoque en premier chef l’émergence de la presse électronique sur fond d’une guerre planétaire de quatrième génération. Pour lui, l’Algérie est appelée à s’adapter en urgence aux nouvelles mutations et à rapatrier dans l’immédiat les chaînes privées qui doivent suivre l’arsenal juridique algérien. Assurer la « transparence » des sources de financement des institutions médiatiques et répondre aux problèmes techniques dont souffrent les journalistes, dont l’accès à Internet à haut débit et organiser le secteur de la presse électronique, ont été soulignés avec insistance par les participants à cette rencontre. Ils ont souligné la nécessité d’organiser des assises nationales dédiées au secteur de l’information comportant des ateliers incluant des thèmes sur la presse écrite, électronique et audiovisuelle. Les journalistes ont appelé, d’autre part, à l’accélération de la promulgation de la loi sur la publicité, le renforcement de la représentation des journalistes au sein des instances de régulation du secteur et la fusion de l’autorité de régulation de la presse écrite et audiovisuelle au sein d’un conseil supérieur de l’information. Il s’agit également de la prise en charge des préoccupations socioprofessionnelles des journalistes et l’encouragement de la mise en place d’organisations syndicales et professionnelles dédiées à cette catégorie. A noter que bon nombre d’organismes privés, rémunèrent très mal les journalistes et certains ne sont même pas déclarés à la sécurité sociale. Ils ont préconisé d’organiser la distribution de la presse écrite et définir un cahier des charges comportant les conditions de domiciliation des chaînes de télévision privées. Aussi, beaucoup d’intervenants ont abordé le sujet de la publicité institutionnelle et les critères de son attribution qui doivent être arrêtés de manière transparente et équitable. Pour le ministre en charge du secteur, l’instauration d’un cadre juridique tenant compte des évolutions survenant dans le domaine de l’information et de la communication en Algérie est désormais une nécessité incontournable pour le développement du système médiatique national. « Nous nous attelons, pour ce faire, à la création d’un cadre juridique et réglementaire qui favorise et garantit un environnement professionnel approprié à même de renforcer la liberté du journaliste, créer l’équilibre entre la liberté et la responsabilité, promouvoir l’éthique et la déontologie de la profession et contribuer à l’efficacité des institutions médiatiques, notamment au regard des risques que représentent les guerres de 4e génération », a-t-il ajouté, soulignant que les contributions des professionnels vont contribuer à la réussite de cette démarche et permettront l’adaptation efficace avec le nouveau paysage médiatique ». Il a en outre réaffirmé que la mise en place d’un système juridique « solide et intégré » se voulait l’un « des principaux défis que le secteur s’emploie à relever, dont les projets de loi qui sont en cours d’enrichissement et ce, en application des instructions du Président de la République, instructions qui reposent sur la promulgation de lois qui permettent d’impliquer les professionnels au processus visant à adopter une vision novatrice, tout en instaurant la rupture avec les normes qui régissaient auparavant la scène médiatique ». Ces énormes chantiers doivent être révisés dans les plus brefs délais pour mettre fin à l’anarchie qui caractérise le secteur.

L.A.R.

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