21.9 C
Alger
mardi 9 août 2022

Redevance

Évoquée en France depuis de nombreuses années et d’abord considérée comme une mesure populiste, la suppression de la redevance télévisée vient finalement d’être voté par le Parlement. L’Assemblée Nationale a ainsi voté hier matin la suppression de la redevance audiovisuelle dans le cadre du soutien au pouvoir d’achat et rejeté in extremis une taxe sur les «superprofits» des grands groupes, mais doit encore déminer des points très débattus comme la remise carburant et la renationalisation d’EDF. La suppression de la redevance qui finance l’audiovisuel public, une promesse du président Macron, suscite de nombreuses inquiétudes sur l’indépendance et le financement à venir des médias concernés. Elle a été votée par 170 voix contre 57 lors de l’examen en première lecture du projet de loi de finances rectificative pour 2022 (PLFR). LR et RN ont voté pour et l’alliance de gauche Nupes à l’unanimité contre. Des amendements de la majorité et de LR ont été adoptés pour affecter «une fraction» de la TVA, pour un montant d’environ 3,7 milliards d’euros, dans le but de répondre aux inquiétudes sur le financement de ce secteur. Lors de cette séance souvent agitée, le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, a exprimé son attachement à «un audiovisuel public fort», tout en qualifiant d’«obsolète» cette redevance basée sur la possession d’un téléviseur à l’heure des tablettes et autres smartphones. La redevance est actuellement fixée à 138 euros par an en métropole. Du côté de la gauche, cette mesure à été critiquée sans réserve. Pour Inaki Echaniz (PS), cette suppression est une «mauvaise idée» qui va nuire à un financement stable. Alexis Corbière (LFI) a souligné que garantir l’«indépendance de l’audiovisuel public est une condition de la démocratie». La gauche a également accusé le gouvernement de s’inspirer de l’extrême droite pour à terme démanteler l’audiovisuel public. «Zemmour et Mme Le Pen l’avaient demandé, M. Macron l’aura fait», a lancé le communiste Stéphane Peu. Marine Le Pen a toutefois estimé que «le projet du gouvernement n’a rien à voir avec ce que nous voulons faire», à savoir une «privatisation» en bonne et due forme. Une privatisation souhaitée de longue date par les partis les plus à droite qui dénoncent depuis des décennies les partis pris des médias publics qui non seulement soutiennent très peu discrètement la gauche, mais surtout se permettent souvent de critiquer violemment voire d’insulter les représentant de la droite et de leurs électeurs. De nombreux sondages indiquent que les Français sont plus de 90 % à souhaiter la fin de la redevance TV. C’est aujourd’hui chose faite, reste à voir si la télévision et la radio publiques qui seront toujours financées par l’argent des Français mais sous forme de budget de l’État, seront différentes ou si seul leur mode de financement aura finalement changé.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img