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dimanche 2 octobre 2022

Rassemblement

Au Rassemblement National, malgré des sondages qui donnent encore et toujours Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2022 face à Emmanuel Macron, le moral n’est pas au point. Car le but du parti n’est pas d’arriver une troisième fois au second tour mais de remporter, enfin, la présidentielle. Le député européen et membre de la direction du RN Nicolas Bay a estimé, pour sa part, il y a quelques jours, que la présidente du parti n’avait «pas vocation à gagner seule» à la présidentielle et qu’elle «partageait» cet avis. «C’est un avis largement partagé, y compris par Marine Le Pen elle-même. (…) Elle est seule candidate (du RN) mais elle n’a pas vocation à gagner seule», a déclaré Nicolas Bay dans une vidéo publiée sur le site du quotidien «L’Opinion». La dirigeante d’extrême droite «a vocation évidemment à s’adresser à tous les Français, c’est évidemment notre objectif de rassembler le plus largement possible autour d’un projet de redressement national», a ajouté le vice-président au Parlement européen du groupe Identité et Démocratie, où siège le RN. Nicolas Bay, récemment écarté de la commission nationale d’investiture du RN et proche des idées de l’ancienne députée FN Marion Maréchal, estime cependant que le rassemblement va au-delà de «l’union des droites» et d’un rapprochement entre une partie de la droite classique et l’extrême droite. «C’est plus que ça encore. (…) Nous tendons la main d’une manière générale à tous les Français, pas seulement à ceux qui votaient pour les Républicains», a développé l’élu. «Le rassemblement a toujours été notre objectif. Après il faut être en capacité de le faire, mais on l’est sans doute beaucoup plus aujourd’hui qu’il y a encore quelques années», a-t-il assuré. A propos des candidatures à la présidentielle du député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, qui avait rallié Marine Le Pen au second tour de 2017 et juge que le RN «ne gagnera jamais seul», et de l’ancien député conservateur Jean-Frédéric Poisson, Bay en a appelé «à la responsabilité de chacun» et dit que le RN avait «vocation à travailler avec eux» et avec «tous ceux qui (ont) des sensibilités, des parcours spécifiques, qu’il faut pleinement respecter». Pour Marion Maréchal, Marine Le Pen «ne peut pas gagner seule» et doit faire «un effort d’ouverture» vers les déçus de LR. Le maire de Béziers, Robert Ménard, élu avec le soutien du RN, considère lui que la cheffe du RN n’est «pas en position de gagner» parce qu’elle tient des «analyses très gauchisantes» sur le plan économique et social. Reste que la stratégie de Marine Le Pen a réussi à faire de son parti le premier parti d’opposition qui a, sous sa présidence, gagné en influence et en respectabilité auprès des électeurs, même si les médias et la scène politique continuent à le présenter comme un parti incapable de diriger le pays et surtout qui mènerait la France droit dans le mur. Mais de plus en plus de Français, au vu de la situation de la France aujourd’hui, estiment que le RN ne pourrait faire pire que les autres partis qui ont dirigé le pays ces quarante dernières années et sont tentés de lui donner une chance d’appliquer son programme.
F. M.

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