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mardi 6 juin 2023

Rapprochement

Alors que se tient ce week-end le second tour des élections internes des Républicains pour désigner un nouveau président, celui qui a fondé le parti en 2015, mouvement héritier du RPR puis de l’UMP, n’hésite pas aujourd’hui à lui tourner le dos. En effet, Nicolas Sarkozy n’a pas voté au congrès des Républicains dont le premier tour a eu lieu le week-end dernier. Pour autant, il reste présent dans la vie politique du parti. L’ancien président a de nouveau appelé ce dimanche à un rapprochement entre sa formation politique et celle d’Emmanuel Macron, dont la majorité à l’Assemblée Nationale n’est que relative, lors d’une intervention devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Nicolas Sarkozy s’est à la fois adressé au président de la République et aux parlementaires LR. Aux premiers l’ex chef d’État dit qu’il « il ne s’agit pas de dire ‘je suis d’accord à 100% avec Emmanuel Macron’ ». « Il s’agit de la France ! Est-ce qu’on aide la France ou est-ce qu’en plus de toutes les crises qu’elle connaît, on a une crise politique. C’est la question qui se pose ». Dans l’autre sens, Nicolas Sarkozy conseille à Emmanuel Macron de « tenir compte de tous ceux qui n’ont pas voté les motions de censure ». Les députés LR n’ont, en effet, voté aucune de ces dispositions permettant de renverser le gouvernement depuis le début de la législature. Ce choix s’est même avéré décisif le 24 octobre dernier quand le RN a choisi de voter favorablement la motion de censure de la Nupes. « Le président Pompidou avait une formule très juste, c’est toujours le président, c’est-à-dire le plus fort, qui doit tendre la main au plus faible », a insisté Nicolas Sarkozy. Et l’ancien dirigeant de la France de résumer : « Il faut un pouvoir qui tend la main, et il faut des gens dans l’opposition qui la prennent ». Pour l’instant, il manque la seconde partie de l’équation. Certes Emmanuel Macron est favorable au scénario évoqué par Nicolas Sarkozy, « Oui, je souhaite qu’il y ait une alliance », déclarait-il sur France 2 il y a quelques semaines ; mais, aussi bien Éric Ciotti que Bruno Retaileau, qualifiés pour le second tour du congrès LR, se montrent fermement opposés à cette option. Depuis quelques mois, Nicolas Sarkozy n’est plus en odeur de sainteté au sein de sa famille politique. Au second tour de l’élection présidentielle, il avait annoncé clairement qu’il voterait Emmanuel Macron là où la direction du parti s’était contentée d’un « aucune voix ne peut se porter sur Marine Le Pen ». Et il avait surtout obstinément refusé de soutenir la candidate de son parti, Valérie Pécresse dans la course à la présidentielle. « Moi j’ai pensé que c’était préférable pour la France. Et si c’était à refaire, je le referai », a-t-il réaffirmé ce dimanche. « J’ai préféré Emmanuel Macron, je l’ai dit parce que c’était honnête de le dire », a-t-il assumé. Toutefois, sa famille politique, elle, ne lui pardonne pas d’avoir tourné le dos à sa candidate à la présidentielle, puis de continuellement promouvoir une alliance avec Emmanuel Macron qui détruirait à n’en pas douter le parti. Car s’il est certains qu’une partie des électeurs de LR partagent le point de vue de Sarkozy et attendent un rapprochement avec le centre de Macron, l’autre partie irait sans aucun doute vers la droite patriote ce qui renforcerait encore un peu plus le Rassemblement National, qui est déjà aujourd’hui le deuxième parti à l’Assemblée National après avoir été au second tour de la présidentielle.

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