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vendredi 30 septembre 2022

Radicalité

 

Le parti socialiste français n’a pas encore fini de se déchirer entre deux camps, celui qui a décidé de rejoindre Jean-Luc Mélenchon par opportunisme et celui qui s’arcboute sur le souvenir de ce que fut le PS durant quatre décennies. Aucun de ces deux camps ne suscite ceci dit l’intérêt des électeurs et c’est en grande partie parce qu’allié à la NUPES (Nouvelle Union Populaire et Sociale) menée par La France Insoumise, que des députés PS ont réussi à se faire élire ou réélire lors des dernières élections législatives, après le fiasco monumentale des élections présidentielles où le parti à la rose n’a récolté que 1.75% des voix exprimées. Aujourd’hui, l’ex-ministre socialiste Stéphane Le Foll appelle de nouveau le PS et les écologistes à rompre avec « la radicalité » de la NUPES dont LFI tient « le volant », en jugeant que les élections européennes de 2024 seront l’occasion de faire ce choix, sans quoi certains quitteront le navire du PS. « L’enjeu des élections européennes de 2024 sera un choix simple. Rester dans la radicalité de la NUPES ou demeurer au sein de la famille socialiste européenne. Cette question sera déterminante pour l’avenir de beaucoup au sein du PS, dont le mien », assure-t-il dans une tribune parue dans magazine hebdomadaire Le Point. « Sommes-nous fongibles dans le corpus idéologique de LFI ? » et « sommes-nous condamnés à penser comme Jean-Luc Mélenchon ? C’est toute la question que la gauche va devoir trancher », insiste Le Foll, par ailleurs maire du Mans. Contempteur avec d’autres ténors du PS de l’alliance de la gauche (LFI, PS, EELV, PCF) scellée en mai sous la bannière NUPES, Stéphane Le Foll s’exprime alors que le député LFI Manuel Bompard, l’un des architectes de l’accord, a évoqué dimanche l’idée d’une union de la gauche pour les lointaines élections européennes de 2024. « La logique de tension et de +chienlit+ affichée par la NUPES ne profitera jamais au camp du progrès, mais bien à celui de l’extrême droite, (…) désormais en situation de l’emporter » lors de la présidentielle de 2027, s’alarme-t-il, en jugeant qu’en « cédant le volant à LFI », la gauche est de fait « condamnée à rester minoritaire ». « La désobéissance comme méthode de gouvernement, soit vis-à-vis de l’Europe, soit chez nous, en remettant systématiquement en cause l’ordre républicain, ne peut pas être notre choix, ni notre ambition », poursuit Stéphane Le Foll, en reprochant de nouveau au patron du PS Olivier Faure de ne pas avoir réussi à définir un positionnement « original ». En appelant de ses vœux la construction d’une « gauche nouvelle », il estime que celle-ci devra « sortir de la logique de la revendication », « ne condamnera pas la police mais l’aidera à assurer ses missions dans le respect des règles républicaines » ou « défendra la laïcité sans compromission ». Autant de piques au leader de LFI Jean-Luc Mélenchon. Mais ce que semble oublier Le Foll et ceux qui partagent sa position c’est que le PS c’est vidé de ses forces vives qui ont soit rejoint Macron, la plupart dès 2017, soit la NUPES à l’occasion du cuisant échec de la présidentielle. Qui sont ceux qui veulent aujourd’hui tenter de renouveler le PS hors NUPES? Mis à part quelques figures de proues, plutôt impopulaires auprès du public, à l’image de François Hollande, Bernard Cazeneuve ou encore Jean Christophe Cambadélis, il ne reste plus grand monde pour reconstruire le parti socialiste.

Fouzia Mahmoudi

 

 

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