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samedi 1 octobre 2022

Quelle politique syrienne pour la nouvelle administration américaine ?

Depuis que la nouvelle administration américaine est aux commandes, il n’a pas été question de la Syrie. Ni non plus du Venezuela d’ailleurs, encore que du président Nicolas Maduro il ait été fait mention par Joe Biden une ou deux fois lors de sa campagne électorale, et dans des termes dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’étaient guère élogieux. Mais comme il arrive souvent que l’on tienne pendant la campagne électorale des propos dépassant sa pensée, le but pouvant être alors avant tout de se concilier un électorat précis, ou du moins de ne pas l’abandonner entièrement à ses rivaux, les autorités vénézuéliennes ont raison de ne pas désespérer de voir l’administration Biden se résoudre à prendre ses distances vis-à-vis de la politique concernant leur pays mise en œuvre par l’administration Trump. De la Syrie, certes, il n’a pas été question, mais d’ores et déjà deux actions américaines s’y sont produites. La première a été l’annonce faite par le Pentagone que désormais les troupes américaines présentes à l’est de l’Euphrate (elles sont estimées à moins d’un millier de soldats) ne s’occuperaient pas de surveiller ou de garder les gisements pétroliers s’y trouvant. Leur seule mission sera désormais la lutte contre l’Etat islamique, d’autant qu’il est en train d’y reprendre du poil de la bête.

Cette déclaration semble dire que les Américains ne s’opposeraient pas à ce que l’armée syrienne reprenne le contrôle de ces gisements. Pour l’heure ce n’est là cependant qu’une interprétation parmi d’autres. Les Kurdes pourraient eux aussi y voir une espèce de feu vert donné par les Américains pour qu’ils assument ce même contrôle dont eux-mêmes ne veulent plus. L’autre action, ce sont les raids aériens effectués, il y a deus jours, près de la frontière irakienne ciblant des forces pro-iraniennes, en représailles à des attaques à l’obus sur une base américaine au Kurdistan irakien. Jusque-là des attaques aériennes contre des positions iraniennes ou pro-iraniennes étaient une spécialité israélienne. Serait-ce que les Américains s’y mettent à leur tour ? Rien ne permet encore de l’affirmer. Les raids américains en Syrie ne sont pas en effet liés à la scène syrienne, mais à ce qui se passe en Irak. Attaqués en Irak, les Américains ont répliqué en Syrie, qui plus est à la frontière entre les deux pays, comme pour indiquer que leur champ d’intervention n’englobe pas ce pays dans sa profondeur. Il n’est même pas évident que ce sont à des forces pro-iraniennes qu’ils s’en sont pris à cette occasion. Ils ont pu rendre la monnaie de leur pièce à des forces qu’ils tiennent directement responsables des tirs sur une de leurs positions en Irak. Dans cette hypothèse, leurs raids aériens ne sont pas une déclaration de guerre aux forces pro-iraniennes déployées en Syrie. Ils ne devraient pas donc se répéter. S’il s’en produit d’autres, ce sera contre une autre cible. Moralité : ils ne disent rien de la politique syrienne de la nouvelle administration américaine, le sujet qui nous intéresse ici. La décision prise de ne plus protéger les gisements pétroliers n’est pas éclairante non plus. La seule chose qu’elle-même dise clairement, c’est qu’il n’entre pas dans l’intention du nouveau pouvoir américain d’exploiter ces champs pétroliers, un projet que son prédécesseur semblait avoir conçu, soit pour des considérations de pur profit, soit dans le but d’ajouter à la crise syrienne.

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