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samedi 3 décembre 2022

Quatre remarques sur la guerre

Pour l’heure, dans la guerre en Ukraine, les offensives sont tenues en échec, celle des Ukrainiens dans Kherson, au sud, comme celle des Russes dans Bakhmout au nord-est. Mais si les lignes se sont à nouveau figées, ou alors bougent à peine, les combats à l’artillerie ne semblent pas pour leur part avoir décru. Les Russes disent avoir terminé l’évacuation de la population de la ville de Kherson, la faisant passer dans un premier temps d’une rive du Dnieper à l’autre, mais toujours sans expliquer pourquoi ils l’ont fait. Est-ce pour y livrer une bataille à la Stalingrad, une bataille décisive par conséquent, la présence des civils, devenus des Russes depuis l’annexion de son territoire, empêchant sinon cette grande explication d’avoir lieu ? Est-ce au contraire pour ne pas avoir à l’abandonner à l’ennemi, si son offensive s’avérait irrépressible ? La mesure s’imposerait dans les deux cas, mais évidemment pas pour la même raison. Voilà un premier point à soulever au vu de la conjoncture. Un deuxième est la demande des Ukrainiens faite à Israël pour que celui-ci les aide à développer leur système de défense antiaérienne, compte tenu de son expérience dans ce domaine. Israël n’y a pas accédé dans ces termes, mais a proposé à titre de compensation un renforcement en matière d’alerte aérienne.

Il a souvent été dit ici que les deux guerres en Ukraine et en Syrie se ressemblaient, et même parfois se recoupaient. On en a une preuve supplémentaire avec ce refus d’Israël signifié à Kiev, lequel s’explique non pas par la guerre en Ukraine, mais par la guerre en Syrie. Israël courait le risque en acceptant d’envoyer le matériel demandé de voir le ciel syrien, contrôlé par les Russes, se refermer par représailles à son aviation et à ses missiles tirés de loin. Israël veut continuer d’attaquer les positions de l’Iran et du Hezbollah en Syrie, sans avoir pour cela à craindre pour ses avions et pour ses aviateurs, qui pourraient tomber entre les mains des ses ennemis jurés présents en Syrie. Le troisième point est justement en rapport avec l’Iran, accusé par les Ukrainiens et les Occidentaux unanimes de fournir la Russie en drones, dont les attaques destructrices, sur les sites énergétiques notamment, se sont multipliées ces derniers temps. La Russie et l’Ukraine ont toujours nié le fait. Jusque-là personne n’a cru à leurs dénégations. Il se peut bien que cela change, les deux ministres iranien et ukrainien des Affaires étrangères s’étant parlé, et à ce qu’il semble longuement et avec sincérité. En gage de bonne volonté, le chef de la diplomatie iranienne a proposé à son homologue ukrainien une enquête conduite par les experts des deux pays pour faire toute la lumière à ce sujet. L’Iran ne ferait pas cette proposition s’il mentait. On ignore la réponse des Ukrainens. Un quatrième point relevant de la conjoncture mérite lui aussi d’être mentionné. Il s’agit de la menace russe de s’en prendre aux satellites commerciaux américains qui donnent aux Ukrainiens des renseignements sur les positions russes. Une menace à ce point prise au sérieux que le Pentagone a tout de suite fait savoir que sa riposte serait terrible, qu’elle ferait passer aux Russes l’envie de recommencer. Pour mettre ces satellites devenus espions hors d’état de leur nuire, les Russes disposent d’autres moyens que celui de leur envoyer des missiles depuis la terre. Ils seraient d’autant plus tentés de mettre leur menace à exécution qu’en matière d’attaques visant des infrastructures civiles, ils sont en retard sur les Américains, qui ont ouvert ce front en sabotant les gazoducs Nord Stream.

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