21.9 C
Alger
mercredi 5 octobre 2022

Propos du prédicateur marocain Raïssouni: Vives réactions à «une bévue grossière et un impair condamnable»

Les propos graves tenus par le président de l’Union internationale des Oulémas musulmans (UIOM), le Marocain Ahmed Raïssouni, sur Tindouf, le Sahara occidental et la Mauritanie, ont suscité de vives réactions.
Ces récentes déclarations, constituent une «bévue grossière» et un «impair aussi condamnable que répréhensible» dont l’auteur s’est arrogé le droit de parler au nom de l’instance internationale qu’il préside et d’en faire une tribune pour distiller son venin contre l’Algérie et la Mauritanie, pays frère. Cette sortie au ton provocateur et saugrenu, œuvre d’une personnalité censée donner l’exemple en termes de recours à la jurisprudence et aux valeurs de l’Islam, n’a pas manqué de susciter une vague d’indignation et de mécontentement auprès de partis politiques, d’organisations et de personnalités nationales, mais aussi de citoyens via les réseaux sociaux, qui ont dénoncé une telle attitude à même d’attiser les feux de la Fitna et de susciter, dans la région, des tiraillements aux conséquences graves. Une nouvelle bourde qui dénude la pensée sclérosée de l’élite des sbires du Makhzen. Le dénommé Raïssouni s’est, cependant, surpassé… il vient de dévoiler sa tendance intellectuelle extrémiste violente et sa personnalité aux orientations fanatiques, d’où la question de savoir combien de Raïssouni sont aux commandes dans des instances internationales chargées de servir l’Humanité en diffusant les valeurs de l’Islam prônant la paix, la tolérance et la coexistence ? Dans un communiqué signé par son chef, Cheikh Mohamed El-Mamoun Al-Qassimi, la Ligue Rahmania des zaouïas scientifiques a qualifié de «choquantes» les déclarations de Raïssouni, précisant que «cette bavure a entaché d’opprobre la crédibilité d’un savant et sa réputation en milieux scientifiques, lui qui assure la présidence d’une instance scientifique internationale de renom». Raïssouni «est allé très loin lorsqu’il a appelé les oulémas et prédicateurs marocains au djihad et à prendre part à une marche millionnaire sur le territoire algérien (…), un appel clair à attiser les feux de la fitna et à creuser davantage le fossé qui sépare les deux pays en jonchant d’épines la voie menant à l’Edifice maghrébin pour lequel a été créée l’Union du Maghreb arabe», précise la Ligue.

Sur les pas de Allal El Fassi
De son côté, le Haut conseil islamique (HCI) a dénoncé les propos controversés de Raïssouni, soulignant que «cet individu n’a pas tiré d’enseignements suite au camouflet essuyé par son prédécesseur, Allal El Fassi, qui avait parlé de Tindouf en pleine Révolution algérienne». Pour sa part, le président de l’Association des oulémas musulmans algériens, Abderrazak Guessoum, a dénoncé les propos de Raïssouni, soulignant qu’ils «ne servent nullement l’unité des peuples et ne préservent pas le bon voisinage». Selon le même responsable, Raïssouni qui a brillé par son mutisme au sujet de la trahison de la cause palestinienne par son roi et des visites successives des dirigeants de l’institution militaire sioniste au Maroc, a appelé «au djihad contre l’Algérie», en violation flagrante du principe du djihad en Islam.

Raïssouni doit démissionner de l’UIOM ou en être limogé
Plusieurs partis politiques ont dénoncé ces déclarations, à l’instar du Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui a considéré, par le truchement de son président, Abderrazak Makri, que la sortie médiatique de Raïssouni «est une bourde que l’histoire retiendra et que les générations successives ressasseront à jamais». «S’il est bien une vérité qui pourrait nous épargner toute considération juridique et historique, et face à laquelle Raïssouni aurait dû s’incliner avec révérence et respect, c’est le sang béni des Algériens qui ont payé un lourd tribut durant les résistances populaires et la guerre de Libération nationale… ce sont tous les sacrifices consentis par les Algériens sur chaque recoin de leur pays pour arracher leur indépendance et consacrer l’unité territoriale de l’Algérie». Les Oulémas musulmans «sont appelés à fustiger l’appel à la guerre entre deux pays musulmans frères, lancé par Raïssouni qui doit démissionner de la présidence de l’UIOM ou en être limogé».
Meriem Benchaouia

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img