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lundi 27 mai 2024

Promesses

Depuis le 20 janvier 2021, les espoirs de beaucoup de démocrates ayant voté pour Joe Biden ont été douchés par la politique du nouveau président américain qui multiplie les promesses non tenues. Lui qui avait promis lors de sa campagne d’augmenter le smic à 15 $, a abandonné cette réforme.  Car si l’administration Biden l’inclut dans un premier temps dans le grand plan de relance qui permet d’adopter une procédure budgétaire évitant l’obstruction (filibuster) des républicains, l’avis défavorable de la «parlementarian», une fonctionnaire chargée du conseil en matière de procédures, dont l’avis est consultatif, fait reculer la Maison-Blanche. Il faut dès lors passer par un vote sur le sujet lui-même : huit sénateurs démocrates votent contre, tuant dans l’œuf cette réforme. Autre promesse, alléger de 10 000 dollars la dette de chacun des 43 millions d’Américains qui portent ce fardeau. Une fois encore, cette promesse finira par être passée à la trappe. Aujourd’hui, c’est l’un des projets de réforme les plus significatifs de la présidence Biden qui est aussi oublié. Joe Biden a en effet sacrifié son projet d’offrir deux années d’université publique gratuites aux jeunes Américains, a fait savoir lundi son épouse, Jill Biden, elle-même professeure d’université. «L’université publique gratuite ne fait plus partie du programme de réformes que le président essaie péniblement de faire passer au Congrès américain», a déclaré Jill Biden, fervente partisane de cette réforme, lors d’un discours à Washington. Joe Biden, qui avait promis de consacrer près de 1 800 milliards de dollars à des dépenses sociales et environnementales, avait inclus dans ce programme d’ampleur inédite deux années gratuites de «community college», une réforme très significative dans un pays où les études peuvent coûter extrêmement cher. Mais le président démocrate n’a pas réussi à faire adopter tout le programme par le Sénat, en raison des réticences d’un élu démocrate en particulier. Joe Biden a promis de sauver quelques bribes de son programme, mais a donc dû renoncer à d’autres. Selon la société de recherches spécialisée «Education Data Initiative», en 2021 le coût moyen aux États-Unis des études dans un «community college» était de près de 7 500 dollars pour les deux ans. Selon Education Data Initiative, la dette étudiante atteint aujourd’hui 1 750 milliards de dollars. Le montant a explosé : en 2010, il était de 760 milliards de dollars. Joe Biden a mis en place en arrivant à la Maison-Blanche un moratoire sur la dette étudiante, plusieurs fois prolongé et qui doit expirer le 1er mai prochain. Les étudiants précaires et les anciens étudiants qui doivent vivre avec d’énormes dettes comme autant d’épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes et qui ont voté pour Biden en croyant à ses promesses, ne seront sûrement pas les dernières victimes de la supercherie de la présidence démocrate. Biden avait aussi promis de transformer la politique migratoire américaine, alors qu’aujourd’hui il poursuit la politique de Trump sur le sujet. Il avait aussi garanti que les États-Unis reviendraient dans l’accord sur le nucléaire iranien, mais à ce jour, plus d’une année après sa prise de fonction, il n’en a rien fait et continue à trainer des pieds. Au final, l’on se demande quels sont les grands axes politiques de la Maison-Blanche sous pavillon démocrate, qui dans bien des dossiers ne fait finalement que reconduire la politique menée par l’ex-président républicain, Donald Trump, dont les décisions, et sa propre personne, avaient pourtant été honnies par l’opposition aujourd’hui au pouvoir.

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