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lundi 27 juin 2022

Promesses

Emmanuel Macron qui planait à 31 % dans les sondages d’opinion il y a quelques semaines, voit depuis quelques jours l’écart avec Marine Le Pen s’estomper, alors qu’il est redescendu à 27 % d’intentions de vote et que la candidate du Rassemblement National est, elle, à 22 %. Pour être sûr de maintenir l’écart avec sa principale adversaire, le président candidat compte sur l’impact qu’aura eu son grand et unique meeting de campagne dans l’immense salle de La Défense Arena, près de Paris. Assurant avoir réussi à attirer 30 000 spectateurs, les organisateurs de ce grand rassemblement espèrent surtout que ce meeting sera suffisant pour convaincre les électeurs de la première heure de Macron qui sont aujourd’hui, après cinq ans de mandat, indécis et les déçus. Surtout que le quinquennat du président marcheur aura été particulièrement difficile, voire douloureux. Le président candidat a renoué avec le fameux «en même temps» qui avait fait son succès en 2017. Surnommé depuis le début de son quinquennat «président des riches» par ses opposants, le chef de l’État semblait jusqu’ici assumer, durant cette campagne de 2022, d’être devenu un candidat de droite, avec notamment deux propositions phares marquées politiquement : la retraite à 65 ans et le Revenu de solidarité active (RSA) conditionné à 15-20 heures de travail. Mais son discours à La Défense Arena, axé sur le social, l’éducation et la santé, à une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, avait pour but de démontrer l’inverse. «En 2017, nous portions un projet d’émancipation, de lutte contre l’assignation à résidence. Malgré les crises, nous n’avons jamais renoncé. Nous avons tenu nos promesses», a-t-il lancé en introduction d’un long satisfecit de son action depuis cinq ans, visant à souligner qu’il avait aussi réalisé des mesures de gauche. La fin du clivage droite-gauche voulue par Emmanuel Macron était symbolisée dans les premiers rangs des tribunes par la présence de deux anciens chefs du gouvernement assis côte à côte : Manuel Valls, Premier ministre de François Hollande, et Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac. Il y avait aussi un peu plus loin Jean-Pierre Chevènement, assis à proximité de Christian Estrosi, mais aussi Édouard Philippe et le gouvernement dans son ensemble. Toutefois, si les sondages sur le premier et le second tours de l’élection présidentielle donnent Emmanuel Macron largement gagnant, rien n’est joué et les Français ont encore leur carte à jouer. Plusieurs élections ou référendums à travers le monde ont en effet surpris ces dernières années en affichant des résultats très différents de ce qu’annonçaient les sondages. Reste à voir surtout si les électeurs se déplaceront en masse aux urnes dimanche prochain, car il se pourrait bien que le score de l’abstention ait une importance capitale, chaque candidat espérant que les électeurs hésitants feront malgré tout le déplacement aux bureaux de vote pour mettre une enveloppe avec leur nom dans les urnes.

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