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mercredi 24 avril 2024

Projection de «Patronymes algériens, haine française» à Alger Fatiha Bourouina revient sur la filiation sous l’administration coloniale

Le documentaire «Patronymes algériens, haine française» de Fatiha Bourouina, qui pose la problématique de la généalogie et de la filiation sous l’administration coloniale, a été projeté dimanche soir à Alger. Accueilli à la salle de cinéma El-Khayam, dans le cadre de la Semaine du film documentaire (12-17 mars), le documentaire décrypte la problématique des patronymes attribués abusivement aux Algériens par l’administration coloniale.
Présenté pour la première fois en Algérie, ce long métrage de 72 minutes s’appuie sur des éclairages d’universitaires et chercheurs en histoire, qui ont relevé les dégâts causés par l’administration coloniale à travers son état civil qui a prêté aux Algériens des noms patronymiques grotesques et humiliants.
Le code de l’état civil de 1882 imposait aux Algériens de porter des patronymes «humiliants» et «réducteurs», selon les témoignages recueillis dans ce documentaire. Pour ces chercheurs en histoire, interrogés, l’état civil de l’époque coloniale qui avait mené une politique d’assimilation en Algérie, visait à obliger les Algériens à porter des noms marquant ainsi une «rupture dans les modes traditionnels de nomination». Les intervenants ont mis également en exergue les desseins politiques des autorités coloniales qui, par la loi du 23 mars 1882, œuvraient à dénationaliser et détruire la cohésion sociale et la propriété collective.
«En procédant à l’adjonction d’un patronyme, parfois vulgaire, au prénom et surnom par lesquelles les familles étaient connues, les autorités coloniales ont voulu casser l’affiliation et la structure communautaire et sociale, en plus de poser des problèmes d’héritage».
Dans le Sud algérien, la démarche coloniale, appuyée par une série de lois, n’a pas eu l’effet escompté et l’opération entamée (tardivement) en 1920 a échoué, relève un chercheur en histoire de l’université de Tamanrasset.
L’administration coloniale a trouvé des difficultés à appliquer la loi de mars 1882, qui consiste à attribuer de nouveaux noms patronymiques, notamment chez les Touaregs.
D’autre part, le film donne la parole à des victimes de l’état civil colonial en procédant au changement de noms. La réalisatrice a suivi les démarches d’un père de famille dont le nom atronymique jugé vulgaire, causait un tort psychologique à son fils, écolier. Un décret datant de 1971 donne le droit à toute personne de changer de nom en adressant une demande motivée aux autorités judiciaires, rappelle un avocat à la caméra de la réalisatrice.
F. H.

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