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lundi 26 septembre 2022

Professeur Mouhouche au sujet du stress hydrique : Appel à tirer meilleur profit du dessalement et des eaux souterraines

Pour faire face au stress hydrique qui se manifeste ces dernières années par une raréfaction de la pluviométrie, il y a lieu de réorienter notre politique de l’eau visible par une attention particulière au sommet de l’Etat en réaménageant l’intérêt vers le dessalement de l’eau de mer et l’exploitation de l’eau souterraine.

Par Louisa A. R.

C’est ce qu’a recommandé le Professeur Brahim Mouhouche sur les ondes de la Radio nationale. L’expert a appuyé que «l’Algérie consomme pour son agriculture jusqu’à 75 % d’eau, alors que les 25 % restants sont répartis entre l’industrie, l’AEP et une partie – 5 à10 % – pour évacuer les déchets». Selon lui, «assurer la survie devient un challenge des pays qui en manquent». Donc l’intérêt doit être réorienté vers le dessalement de l’eau de mer et l’exploitation de l’eau souterraine.
Pour le spécialiste en la matière, l’eau n’est plus que source de prospérité et de développement, elle est en voie de devenir un enjeu économique et une source de conflit et de chantage, voire de pressions à risque sur la sécurité nationale. «L’importance de l’eau est telle qu’elle en fait une arme dangereuse», a averti le Professeur Brahim Mouhouche,
Invité de la rédaction de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le spécialiste a estimé qu’«un pays sans eau devient stratégiquement handicapé, voire dépendant et donc vulnérable». Pour étayer ses propos, il a relevé «la perturbation du marché mondial causée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine». «Ce conflit renseigne sur l’importance de l’eau», a-t-il indiqué, rappelant que ces deux pays, grands producteurs de céréales et d’huile, ont d’énormes potentialités en eau qui leur permettent d’être leaders en production agricole dont dépendent plusieurs autres pays en Europe et à travers le monde. «Nous constatons comment l’un et l’autre font pression avec leurs denrées alimentaires dont la culture dépend étroitement de l’eau, causant d’énormes perturbations d’approvisionnement chez des pays tiers soumis», a-t-il conclu.
Déplorant sa raréfication qui pointe à l’avenir et qui constitue une sérieuse menace de par la pression qu’elle agit sur le quotidien, le Pr Mouhouche a rappelé qu’outre des êtres vivants, «l’eau est dispensable pour le nettoyage, le refroidissement et tout appareillage ayant besoin d’eau pour vivre longtemps». Parmi les causes de cette raréfaction, il a cité, notamment, la surconsommation de la ressource hydrique, en raison du réchauffement climatique. Il a évoqué également d’autres facteurs qui ne sont pas des moindres, à savoir celui de «l’évolution démographique, sans oublier l’évolution du niveau de vie, qui provoquent une pression supplémentaire». L’économie, a-t-il ajouté, demande beaucoup d’eau et celle-ci est très convoitée à cet effet partout dans le monde.
L’intervenant a expliqué qu’il y a des secteurs très utilisateurs d’eau comme l’agriculture, l’industrie et l’AEP. «Souvent, il y a des conflits entre secteurs prioritaires ou qui se déclarent entre pays voisins comme on le voit au proche et au Moyen-Orient», a-t-il souligné, citant l’Egypte, l’Irak et la Syrie qui subissent des pressions énormes ces derniers temps à cause du stress hydrique. Et de poursuivre : «Le taux d’industrialisation augmente la quantité d’eau consommée à tous les niveaux». Mais l’agriculture, relève le spécialiste, se pose comme un secteur très consommateur d’eau dans le sillage du concept de la sécurité alimentaire, conflictuelle à plus d’un titre.
L. A. R.

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