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dimanche 4 décembre 2022

Proche-Orient: Tirs de roquettes depuis Ghaza, nouveaux accrochages à Jérusalem

Nouvelles échauffourées à Jérusalem, manifestations en Cisjordanie occupée et tirs de roquettes depuis la bande de Ghaza : la tension montait hier entre Palestiniens et forces israéliennes dans la foulée des plus importants heurts depuis des années dans la Ville sainte.

Par Mourad M.

Des accrochages ont éclaté vendredi soir aux abords de la Vieille Ville de Jérusalem au lendemain d’une nuit de manifestations croisées impliquant un groupe de juifs d’extrême droite scandant «Mort aux arabes», des Palestiniens et les forces de l’ordre et ayant fait plus de 120 blessés.
La police et des jeunes Palestiniens ont joué au chat et à la souris près de la porte de Damas, après la dernière prière du vendredi ayant réuni des dizaines de milliers de fidèles à l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’Islam, en cette période du mois de jeûne musulman de ramadan.
De jeunes Palestiniens ont lancé des bouteilles d’eau et des pierres vers les forces de l’ordre, déployées en masse, qui ont utilisé des grenades assourdissantes pour tenter de disperser la foule, et aussi mené à quelques interpellations, dont une musclée, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. D’autres incidents ont aussi eu lieu dans différents quartiers palestiniens de Jérusalem-Est.
Des centaines de Palestiniens se sont rassemblés vendredi soir au point de passage de Qalandiya, reliant Israël et la Cisjordanie, où différents objets ont été incendiés. Des Palestiniens ont lancé des pierres et des cocktails Molotov vers le tombeau de Rachel, lieu saint juif à Bethléem, en Cisjordanie occupée, a ajouté la police, tandis qu’une manifestation a aussi eu lieu à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne.
Plus tard dans la nuit, 36 roquettes ont été lancées depuis la bande de Ghaza, enclave palestinienne séparée géographiquement de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem, vers Israël, selon l’armée israélienne. Six roquettes ont été interceptées par le bouclier antimissile Dôme de Fer et d’autres sont tombées dans des terrains vagues.
En représailles, des chars, des avions de combats et des hélicoptères militaires ont ciblé, selon l’armée, des positions du Hamas, mouvement islamiste armé qui contrôle la bande de Ghaza depuis 2007, et avait acquiescé ces dernières années à une trêve avec l’État hébreu après trois guerres entre les deux camps (2008, 2012, 2014).
A la suite des heurts de jeudi près de la Vieille Ville, les plus violents de ces dernières années dans la Ville Sainte, la branche armée du Hamas a apporté son soutien aux Palestiniens de Jérusalem-Est, en forme de mise en garde à Israël : «L’étincelle que vous allumez aujourd’hui sera la mèche de l’explosion à venir face à l’ennemi».
Et le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé les «incitations à la haine» de groupes d’extrême droite israéliens et exhorté la communauté internationale à «protéger» les Palestiniens de Jérusalem-Est.
Les affrontements des derniers jours à Jérusalem ont commencé après que la police a empêché la population de s’asseoir sur les marches entourant la porte de Damas, un lieu où se réunissent normalement le soir les Palestiniens pendant la période du ramadan.
Et lorsque des juifs d’extrême droite ont prévu de manifester à proximité de cette vaste porte d’entrée donnant sur la Vieille Ville, de nombreux Palestiniens ont perçu la chose comme une provocation et une tentative de prendre le contrôle de ce lieu symbolique.
L’envoyé spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient, Tor Wennesland a appelé hier «toutes les parties à exercer une retenue maximale et à éviter une nouvelle escalade».
«Les actes de provocation à Jérusalem doivent cesser. Les tirs indiscriminés de roquettes vers les zones peuplées violent le droit international et doivent cesser immédiatement», a-t-il déclaré dans un communiqué.
Pays voisin, la Jordanie, qui administre les lieux saints musulmans de la Vieille Ville, a condamné hier les «attaques racistes» israéliennes contre les Palestiniens de Jérusalem-Est. Le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi a appelé à «une action internationale pour les protéger», avertissant Israël que Jérusalem était «une ligne rouge».
M. M.

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Le 04 Decembre 2022

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