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samedi 24 septembre 2022

Proche-Orient: Tensions après un tir de roquette vers Israël et des frappes sur Ghaza

La tension demeurait palpable hier en Israël et dans les Territoires palestiniens, après des premières frappes aériennes israéliennes depuis des mois sur la bande de Ghaza, en représailles à un tir de roquette depuis l’enclave palestinienne.

Par Mourad M.
Tôt hier, l’aviation israélienne a bombardé un site présumé d’armement du Hamas, mouvement islamiste armé au pouvoir dans la bande de Ghaza, après un tir de roquette non revendiqué depuis ce territoire de 2,3 millions d’habitants. Le Hamas a affirmé dans la nuit avoir utilisé sa «défense anti-aérienne» pour tenter de contrer ces frappes qui n’ont fait aucune victime, selon des témoins et des sources sécuritaires à Ghaza.
Lundi soir, les sirènes d’alarme ont retenti dans le sud d’Israël pour le premier tir de roquette depuis la bande de Ghaza vers Israël depuis début janvier, alors qu’un projectile s’était abîmé en mer, au large de la métropole Tel-Aviv.
La roquette lancée lundi a été interceptée par le bouclier antimissile «Dôme de Fer», selon l’armée israélienne qui a, par ailleurs, affirmé, hier matin, avoir arrêté cinq personnes dans des opérations de «contre-terrorisme» en Cisjordanie occupée, territoire séparé géographiquement de Ghaza. Ces opérations ont été lancées dans la foulée d’attaques récentes en Israël, dont deux ont été perpétrées à Tel-Aviv par de jeunes Palestiniens de Cisjordanie. Les attaques ont fait 14 morts depuis le 22 mars en Israël, tandis que 23 Palestiniens, dont des assaillants, ont été tués depuis dans des incidents ou des opérations israéliennes en Cisjordanie, territoire palestinien occupée depuis 1967 par l’État hébreu. A Jérusalem, théâtre de tensions depuis vendredi qui coïncident avec les fêtes juives de Pessah et les grands rassemblements pour le mois sacré musulman du ramadhan, des organisations de la droite nationaliste israélienne ont planifié une grande marche autour de la Vieille Ville. Mais la police a toutefois annoncé qu’elle n’avait pas autorisé cette marche alors que la situation demeurait tendue dans et autour de l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam, mais aussi lieu le plus sacré du judaïsme sous son nom de Mont du Temple.
Plus de 150 Palestiniens ont été blessés lors de heurts avec les forces israéliennes vendredi et dimanche à l’esplanade des Mosquées de Jérusalem, qui accueille quotidiennement des dizaines milliers de fidèles musulmans pour le mois de ramadhan, un lieu aussi visité à des plages horaires précises par des Juifs.
Mais la présence de Juifs pendant le ramadhan et surtout l’intervention sur place des forces policières israéliennes sur des lieux saints musulmans ont suscité une vague de colère chez certains Palestiniens mais aussi dans le reste de la région.
«L’esplanade des Mosquées restera purement islamique», a réitéré, hier, le Hamas, qui avait lancé l’an dernier des salves de roquettes sur Israël après des jours de tension à Jérusalem.
Des sources sécuritaires israéliennes et des analystes ont répété ces dernières semaines que le Hamas, qui a salué les attaques récentes en Israël, ne souhaitait pas une guerre cette année en invoquant principalement deux raisons. Premièrement, les capacités militaires du mouvement ont été affectées par la guerre de mai 2021. Et deuxièmement, en cas de conflit, le nouveau gouvernement israélien risque de suspendre les milliers de permis de travail accordés ces derniers mois à des ouvriers de Ghaza, territoire sous blocus plombé par un taux de chômage local avoisinant les 50 %.
Lundi, le Jihad islamique, principal groupe islamiste armé palestinien après le Hamas, mais qui contrairement à lui n’administre pas la bande de Ghaza, a toutefois menacé d’une nouvelle escalade militaire. «Nous ne pouvons plus rester silencieux sur ce qui se passe à Jérusalem et en Cisjordanie occupée», a déclaré Ziad al-Nakhalé, le chef de ce mouvement disposant selon le renseignement israélien de milliers de combattants et de roquettes à Ghaza. Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a affirmé, lundi soir, que les États-Unis étaient «grandement préoccupés» par ces tensions et que Washington multipliait les contacts dans la région pour tenter de les juguler.
M. M.

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